Voilà, c'est mon dernier jour à Cuba. Je reprends l'avion ce soir. Je passe à l’hôtel Club Tropical juste à coté pour qu'ils me confirment qu'un bus viendra bien me chercher à 14 heures pour me rendre à l’aéroport de La Havane. C'est confirmé. Bien qu'il n'y ait pas grand chose à foutre en ville, je vais quand même me promener. J'arpente quelques galeries artisanales sans aucun intérêt. Ils vendent pour les touristes un paquet de babioles, surement confectionnées en Chine. Je déjeune dans un petit resto près de la plage. Puis, je retourne à la casa faire mon sac et dire au revoir à Maria, ma logeuse. Le minibus vient me chercher à l'heure dite. Puis, nous faisons la tournée des hôtels pour chercher les autres touristes, essentiellement des russes. La route jusque La Havane est plutôt jolie. On longe la côte durant 150 kms. Quelques pompes à pétrole mais qui n'ont pas l'air de fonctionner. Au loin des cheminées d'usines, surement des sucreries. On met environ trois heures pour rejoindre l'aéroport. Il y a une immense queue devant les guichets d'enregistrement. Surtout des touristes français et italiens sur le retour, comme moi. Au bout d'une petite heure j'obtiens enfin ma carte d'embarquement. Pas de bagage en soute, comme d'habitude. L'avion part à l'heure, à 20 heures. Le vol qui dure environ 9 heures se déroule sans problème. Impossible de dormir. Je suis en zone économique, difficile d'étendre mes jambes. Mes coups de soleil me brûlent les épaules. Mon voisin bouge tout le temps. Bref, vivement qu'on arrive. L'avion atterrit à Roissy à 11 heures local. Il fait seulement 15°C dehors en plein mois d’août. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu froid. Je retrouve Vincennes. On est dimanche après-midi, tous les magasins sont fermés et mon frigo est vide. Je sens que je ne vais pas bouffer grand chose cette semaine. Demain, reprise du boulot. Faut que je prépare mon cartable...
samedi 23 août 2014
Le Retour
Voilà, c'est mon dernier jour à Cuba. Je reprends l'avion ce soir. Je passe à l’hôtel Club Tropical juste à coté pour qu'ils me confirment qu'un bus viendra bien me chercher à 14 heures pour me rendre à l’aéroport de La Havane. C'est confirmé. Bien qu'il n'y ait pas grand chose à foutre en ville, je vais quand même me promener. J'arpente quelques galeries artisanales sans aucun intérêt. Ils vendent pour les touristes un paquet de babioles, surement confectionnées en Chine. Je déjeune dans un petit resto près de la plage. Puis, je retourne à la casa faire mon sac et dire au revoir à Maria, ma logeuse. Le minibus vient me chercher à l'heure dite. Puis, nous faisons la tournée des hôtels pour chercher les autres touristes, essentiellement des russes. La route jusque La Havane est plutôt jolie. On longe la côte durant 150 kms. Quelques pompes à pétrole mais qui n'ont pas l'air de fonctionner. Au loin des cheminées d'usines, surement des sucreries. On met environ trois heures pour rejoindre l'aéroport. Il y a une immense queue devant les guichets d'enregistrement. Surtout des touristes français et italiens sur le retour, comme moi. Au bout d'une petite heure j'obtiens enfin ma carte d'embarquement. Pas de bagage en soute, comme d'habitude. L'avion part à l'heure, à 20 heures. Le vol qui dure environ 9 heures se déroule sans problème. Impossible de dormir. Je suis en zone économique, difficile d'étendre mes jambes. Mes coups de soleil me brûlent les épaules. Mon voisin bouge tout le temps. Bref, vivement qu'on arrive. L'avion atterrit à Roissy à 11 heures local. Il fait seulement 15°C dehors en plein mois d’août. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu froid. Je retrouve Vincennes. On est dimanche après-midi, tous les magasins sont fermés et mon frigo est vide. Je sens que je ne vais pas bouffer grand chose cette semaine. Demain, reprise du boulot. Faut que je prépare mon cartable...
vendredi 22 août 2014
La plage
Vu qu'il n'y a pas à grand chose à faire, je pense qu'aujourd'hui, ça va être plage. Au paravent, je vais aller prendre le bus touristique impérial qui fait le tour de la ville en s'arrêtant à tous les grands hôtels de la côte. Ça me permettra de me faire une idée rapidement de Varadero sans trop perdre de temps. Je demande à María si elle peut me préparer une langouste pour midi. Finalement, je n'en ai pas trop mangé depuis mon arrivée à Cuba. La ville est telle qu'on me l'avait décrite. Aucun intérêt. Plusieurs immenses complexes hôteliers à l'américaine auxquelles on ne peut même pas accéder si on n'a pas de bracelet de reconnaissance au poignet. Une impression bizarre qu'il n'y a personne dedans, ou sans doute dorment-ils encore ? Je m'arrête dans un centre commercial au bout de la presqu'île. Rien de folichon. J'ai l'impression que c'est ici que viennent faire leurs courses les cubains nantis. Bref, je sens que je perds mon temps. Je retourne dans le centre ville plus animé. Puis je vais faire un petit tour à la plage où me retrouve Charlotte, la jeune fille belge. Elle vient de larguer sa mère à l'aéroport et s'apprête à se rendre à La Havane pour prendre un avion pour le Mexique. Il lui reste un mois de voyage avant de reprendre son boulot. L'eau est chaude, presque trop. L'idéal pour quelqu'un comme moi qui n'aime pas trop se baigner. Je sens que les coups de soleil vont me tomber dessus. Vers 13 heures, nous rentrons à la casa pour déguster notre succulente langouste. Le pied.
jeudi 21 août 2014
Varadero
mercredi 20 août 2014
Bus pour Varadero
Me voilà au bout de mon voyage. Il vaut maintenant rebrousser chemin jusqu'à La Havane. Je me dis, même si ça ne l'emballe beaucoup, que ça vaudrait peut-être le coup de faire un crochet par Valadero, situé à 150 kms à l'est de La Havane. C'est l'endroit où sont parqués tous les touristes venant du monde entier en vols charters, en formule tout compris. En gros, ils débarquent ici directement de l'aéroport, s'enferment dans d'immenses d'hôtels de luxe à l'Américaine, passent leur temps au bord de la piscine, bouffent et boivent sans limite et dépensent leur pognon dans les boutiques à souvenirs. Bref, une immense pompe à fric, fortement nécessaire à l'économie cubaine en ce moment. Ça peut être marrant de voir cette autre facette de Cuba. Je dis au revoir à la petite famille qui m'a accueillie gentiment. Mon bus ne part qu'à 14 heures. J'ai donc le temps de retourner au petit resto de la pointe que j'aime bien, surtout pour l'ambiance. Cette fois, je commande un plat de fruits de mer en précisant bien sans sel. C'est parfait. Le tout accompagné d'une bière pression, le tout pour une cuenta ridicule. J'ai besoin de prendre des forces car me voilà parti pour 1 000 kms de bus et 21 heures de voyage, dont 2 heures d'escale à Santiago. Ça va être long, très long. Et effectivement, ce fut long, très long. Il y avait tellement de ronfleurs et de tousseurs en tout genre que j'ai dû à peine dormir une heure. Mais bon, c'est fait.
mardi 19 août 2014
Baracoa
Aujourd'hui, on va se la jouer cool. Il me reste quatre jours, j'ai largement le temps de rejoindre La Havane. Autant prendre son temps et si possible dans ce petit coin de paradis. Je me lève tard puis vais vers la pointe de la ville où se trouve la gare routière. Il faut que je réserve mon bus pour demain. Une fois cette corvée achevé, je visite un peu les lieux. C'est très agréable de se promener dans cette petite bourgade. On est vraiment loin des turpitudes des grandes villes. Il y a un resto au bout de la pointe qui a été construit sur les restes d'un ancien fort espagnol. L'endroit est agréable. Il parait que la spécialité de la maison, c'est le poisson à la sauce chocolat. Je reviendrai y déjeuner tout à l'heure. Je prends les petites rues qui donnent sur la baie intérieure, c'est vraiment paisible comme endroit. Puis, par un petit escalier, je monte sur la colline où se trouve un hôtel assez vieillot mais qui a une superbe vue sur la ville et ses environs. Il a aussi une belle piscine. Ça donne envie. Puis je redescends au centre ville boire une cerveza. J'ai l'impression que chaque gorgée de bière se transforme en sueur. Je dégouline, ma chemise est trempée. Ici, j'aurai fait pas mal de sauna pour pas cher. Il y a pas mal de touristes mais ils ne sont pas trop gênants. Puis, je longe les quais pour revenir à mon petit resto de la pointe. La serveuse et le chef cuisinier sont très sympas mais je suis un peu déçu par le plat soi-disant maison. C'est fade et beaucoup trop salé. Mais le lieu est tellement agréable que ça valait quand même le coup. L'après-midi, je vais faire un tour à la Casa d'El Cacao. C'est une boutique sympa où l'on peut déguster du chocolat local. Il faut dire que la région de Baracoa est la seule de Cuba où l'on cultive le cacao. C'est aussi ici qu'il y a l'unique usine de chocolat qui alimente toute l'île. On me sert une excellente glace au chocolat. C'est froid, c'est bon. J'en profite pour acheter une tablette et quelques chocolats à déguster sur place. Plus je vieillis, plus j'adore le chocolat. C'est peut-être aussi à force de voir les fèves mûrir sur les cacaotiers lors de mes balades dans la forêt. Au retour, toujours les même scènes de gens qui discutent au seuil de leur porte ou jouent aux dominos. Le sport national ici.
lundi 18 août 2014
El parque de Humboldt
Ce matin, j'ai une autre excursion de prévue. Une randonnée dans la réserve du parque de Humboldt. Un couple d'allemands m'a dit hier que ça valait le coup. Je retourne donc à l'agence du centre ville. Attendent avec moi deux allemandes, une canadienne, un italien et un couple d'israéliens. Lui est énorme. Il doit peser plus de cent kilos. Il occupe presque deux sièges à lui tout seul dans le minibus. La route longe la mer vers le nord. Elle n'est pas en très bonne état, un mélange de route défoncée et de piste, mais les paysages sont jolis. Le parc se situe à une trentaine de kilomètres de Baracoa. Après l'entrée du parc, il faut emprunter une mauvaise piste sur un dizaine de kms environ. Puis, c'est parti pour la marche. C'est beaucoup plus cool qu'hier. Mais il fait toujours autant humide. Je dégouline de sueur. Ma chemise est trempée. Le gros israélien marche finalement assez bien. On aurait pu penser le contraire. Le guide nous donne parfois des explications sur la flore et la faune. On a pu voir des colibris minuscules et les plus petites grenouilles du monde. Elles ne sont pas plus grosses qu'une mouche. La végétation est tropicale et luxuriante. On s'arrête de temps en temps à des petites cahutes de fortune où les gens du coin nous font goûter les fruits de la forêt. Une façon de gagner quelques pesos. Moi, je n'hésite pas, j'adore ça. La balade dure deux bonnes heures environ. Elle se termine par une baignade dans une piscine naturelle dans laquelle tombe une petite cascade. Sympa. Moi qui n'aime pas me baigner, j'avoue que, là, je trouve ça très agréable. C'est pour dire. Certains en profitent pour plonger du haut des rochers surplombant l'eau. Moi, étant encore un peu fiévreux, je ne me hasarde pas à essayer. Après une pause d'une heure bien récupératrice, nous reprenons le minibus qui nous emmène sur la petite plage de Maguana, à mi chemin de la route du retour. C'est la première fois que je me baigne dans la mer à Cuba. Elle est chaude mais salée. Ça, j'aime pas trop. Il faut se taper tout le retour dans le minibus avec du sable partout et la peau qui craque sous le sel. Ça me rappelle des mauvais souvenirs. Heureusement, le trajet me parait plus court qu'à l'aller. Je peux donc me doucher rapidement à la casa. On m'a préparé une bonne salade bien fraîche que je vais déguster sur la terrasse avec vue sur la mer d'un coté et sur le Yunque de l'autre. Y a pire comme situation.
dimanche 17 août 2014
L"ascension du Yunque
La clim du bus m'a mis ko. J'ai dû dormir à peine une heure cette nuit. J'avais le nez complètement bouché. Impossible de respirer normalement. J'hésite à tenter l'ascension du Yunque. C'est une montagne du coin, qu'on voit de partout. De loin, on dirait une grosse molaire. Mais il parait que ce n'est pas très compliqué d'atteindre son sommet. Il faut une heure de marche d'approche, deux heures de montée et une heure de descente. Le problème, c'est que je n'ai pas une condition physique excellente aujourd'hui. Allez, on le tente. Je rejoins donc l'agence sur la petite place de l'église. Il y a là un groupe de routards qui attend aussi. Mais je ne suis pas sur qu'on est tous là pour le même circuit. Finalement, on est six. Deux allemands, deux italiens, une anglaise d'origine hindou et moi. On nous entasse dans deux taxis pour rejoindre le parc. Là, nous attend notre guide, Fernando, un black très sympa. Au début, je me demande à quoi peut servir un guide pour une ascension aussi facile. En fait, les chemins de la marche d'approche sont très difficiles à trouver. Et puis, c'est une façon de donner un peu de pognon aux locaux. Avant d'attaquer la montée, on doit traverser un rio. L'eau est chaude. Par contre, ça glisse terriblement. Si on glisse avec les chaussures à la main, on est bon pour faire l'ascension dans des chaussures mouillées, et là, bonjour les ampoules. On a le droit à une petite averse mais qui ne dure pas. Plus on monte, plus c'est humide et plus c'est glissant. Ma chemise est trempée. Je nage dedans. C'est assez désagréable. Je respire mal. J'ai un peu de mal avec mon équilibre. La fatigue sans doute. Plusieurs fois, je manque de déraper sérieusement. Fernando nous montre des petits animaux et des plantes endémiques qui ne poussent que dans le coin. Nous faisons une petite halte à mi pente. Deux jeunes ont installé là une espèce de stand où ils font goûter les fruits de la région moyennant quelques petites pièces. Pas con. Il y a plein de fruits que je ne connais pas. Des pomelos à pulpe assez dense, plutôt acide, mais pas mauvais. Des espèces de litchis, des bananes et des ananas bien sur. En tout, c'est une bonne idée. Ça rafraîchit durant la pause. Puis, c'est reparti pour la deuxième partie de l'ascension. Un peu plus raide celle-là. Heureusement, ils ont posé quelques mains courantes en bambou. Ça aide pas mal, surtout pour éviter les glissades. On doit être à 100% d'humidité. C'est effroyable. Arrivés enfin au sommet, il faut attendre quelques minutes pour que la vue se dégage. Je rigole avec Fernando en lui disant que si jamais on n'a pas droit à la vue, il risque de descendre plus vite que prévu. Tout compte fait ça se dégage gentiment et on a le droit à un beau panorama sur la baie de Baracoa. Puis, c'est la descente. Ça glisse énormément. Je ne suis vraiment pas à mon aise. Petit arrêt aux dégustations de fruits. Arrivés en bas, Fernando nous propose de nous baigner dans le rio. C'est le bonheur intégral. Après l'effort, le réconfort. On reste dans l'eau une bonne demi-heure. Difficile d'en sortir. Mais les taxis nous attendent, il faut y aller. Retour à Baracoa par la piste toute défoncée. Je suis maculé de boue. Une douche s'impose. Et du linge aussi. C'était une super rando, je ne regrette pas.
samedi 16 août 2014
Bus pour Baracoa
Je fais la grosse bise à Damaris et Miguel puis me rends sur la place de la cathédrale où attend le bus qui va nous mener à Baracoa. D'abord, ils font monter les touristes, ceux qui payent plein pot, puis ils occupent les places vides par des cubains. Ça fait bizarre mais c'est comme ça. Priorité aux devises. J'arrive à dégoter une place devant. J'aime bien être là. Pour une fois, la route est intéressante. Elle est sinueuse et assez jolie jusqu'à Guantánamo. Guantánamo, un mythe. En fait, il n'y a rien à voir. C'est une ville assez commune. L'enclave américaine se trouve plus loin. Et de toute manière, on ne peut pas l'approcher. Aucun panneau ne l'indique. Pour les cubains, elle n'existe pas. Nous faisons donc juste une pose d'un quart d'heure dans cette ville sans intérêt puis reprenons notre route vers l'est. Tout d'abord, en longeant la mer d'un bleu marine magnifique. Elle a l'air agitée. La région ressemble à la savane africaine. C'est relativement aride. Les rios sont quasi secs. Puis, nous montons dans la sierra. Une belle route de montagne. Le bus peine dans les montées. Ça tourne pas mal mais la route est en bon état. Il faut savoir qu'il y a cinquante ans Baracoa était coupé du monde. Il n'y avait pas de route. Les communications ne se faisaient que par bateaux ou par avions. C'est ce qui explique la mentalité particulière de cette ville qui toujours été très autonome. Elle vivait grâce à son café et son cacao. Depuis, les choses ont un peu évolué. Il parait que c'est la première ville construite à Cuba par les espagnols. Une fois arrivés au col, nous faisons une petite pose pour reposer le moteur. Puis, c'est la descente sur Baracoa. La végétation a complètement changée. Nous sommes passés de l'aridité aux paysages tropicaux luxuriants. En face de nous, l'Atlantique qui vient déverser toute son humidité, les nuages étant bloqués par le massif montagneux. Ici, il pleut presque tous les jours. Et ça se voit. Malgré mon pull, je crois que la climatisation du bus a eu raison de moi. Je me sens fébrile. J'ai sûrement chopé un rhume. Mais pour pourquoi la mettent-ils toujours à fond ? On aperçoit enfin la très jolie baie de Baracoa. Il ne manque plus que les bateaux de pirates. A l'arrêt des bus m'attend Yunion, le fils d'Ivan, un ami de Miguel et Damaris, qui a une chambre avec une superbe vue sur la mer. Je vais être ici comme un prince. Au-dessus de ma chambre, il y a une magnifique terrasse avec des chaises basculantes pour scruter la mer. Il ne fait pas trop chaud grâce à la brise marine. Je sens que je vais être bien ici. Je me repose un peu puis vais faire un petit tour en ville. Je passe à l'agence Cubatur pour réserver deux excursions. Une pour faire le sommet du Yunque demain et une autre pour aller voir lundi le parc de Humboldt. Il parait que les deux valent le coup. Je visite le bourg qui a un certain cachet. Quelques touristes, mais ça me choque moins qu'à Trinidad. Ce ne sont sans doute pas les mêmes. Ce n'est pas si simple de venir jusqu'ici. Puis je monte sur la colline qui surplombe la ville pour prendre quelques photos panoramiques de la baie. Je sens que j'ai la fièvre qui monte. Je vais retourner à la casa pour m'allonger un peu. Je plane complètement. Je vais discuter un peu avec Ivan sur la terrasse qui m'explique un tas de trucs sur sa ville. Je découvre toute la famille. Les enfants sont très sympas. La mère ne respire pas la joie de vivre mais elle est gentille. J'espère que demain j'irai mieux.
vendredi 15 août 2014
Les musées de Santiago
Aujourd'hui, c'est un peu une journée libre. Je suis obligé d'attendre demain pour prendre mon bus pour Baracoa. Je vais donc visiter quelques musées. Certains sont fermés pour cause de rénovation. Il faut dire que le cyclone Sandy d'octobre 2012 a fait beaucoup de dégâts ici. Il est fréquent de voir des maisons complètement détruites. Il parait que c'était terrible. Il n'y a pas eu d'électricité pendant plus d'un mois. L'eau était noire et imbuvable. Les gens ont le souvenir d'avoir eu très faim. Tous espèrent ne jamais revivre ça. Je monte d'abord au musée d'El Cartel Moncada. C'est à cet endroit que Fidel et sa fine équipe ont tenté leur premier coup de force. Ça a été un véritable fiasco. Beaucoup de morts pour rien. Mais ça a permit à Fidel d'avoir une sacré tribune lors de son procès pour diffuser ses idées. Ils ont conservé les impacts de balles sur le mur de l'entrée. A l'intérieur, tout est dédié à l'histoire de la prise du pourvoir par Fidel et ses acolytes barbus. J'avoue que je sature un peu de tout ça. Ça date de plus de 60 ans. Il faudrait qu'ils tournent un peu la page. Difficile de savoir ce qu'en pensent vraiment les gens ici. Je ne reste pas longtemps. Je retourne dans le centre historique pour voir un autre musée mais on le dit qu'il est en restauration. Je me rabais sur une jolie maison avec une superbe terrasse avec une vue magnifique sur la vieille ville. Je suis harponné assez souvent par des baratineurs à touristes. Ici, on les appelle les jineteros. Une veut discuter avec moi pour apprendre le français et pouvoir ainsi devenir guide, un autre veut savoir ce qu'on pense à l'extérieur de la politique de Cuba. Difficile de refuser. Ce ne sont en fait que des stratagèmes pour entrer en contact et pouvoir ainsi mieux nous extorquer quelques pesos. Ils ne sont jamais méchants mais à force, on se méfie de tout le monde et on a tendance à éviter toute discussion pour ne pas être emmerdé. Dommage. Mais, ils sont surtout aux endroits où se trouvent les touristes. Ailleurs, c'est plutôt calme et les discussions plus saines. Le soir, nous sirotons une bière avec Miguel et Damaris sur leur terrasse. Ils me demandent des conseils pour les travaux de leur maison. Ça fait cinq mois qu'ils bossent comme des dingues tous les jours sauf les dimanches. Ils ont hâte que ça se termine. Normalement, en décembre. Tous les deux sont vraiment adorables.
jeudi 14 août 2014
Chez le barbier
Après le petit déjeuner, je me prépare à visiter la ville. Je ne retrouve plus mes lunettes de soleil. J'ai dû les oublier dans le bus. Il va falloir que je m'en passe jusqu'à la fin de mon voyage. La poisse. Je vais d'abord sur la grande place de la cathédrale, la plaza Céspedes. Je vais tout de suite acheter mon billet de bus pour Baracoa dans une petite agence au rez-de-chaussée du grand hôtel colonial Casa Granda. C'est toujours ça de fait. Puis, je grimpe au dernier étage de l'hôtel pour admirer la vue panoramique sur la ville. Il y a là-haut tout un groupe de touristes français qui prend un cours de salsa. Encore des français, ils sont partout. Puis je redescends à l'accueil pour savoir si par hasard, ils ont une connexion wifi internet. Ils me disent que non, mais me conseillent d'aller à l'hôtel Santiago, le plus grand hôtel de la ville, situé dans le quartier moderne, à l'est. Il faut environ 40 minutes à pieds pour s'y rendre. Après tout, ça me fera une balade. Et puis, ça fait plus de dix jours que je n'ai pas consulté mes e-mails. Après une bonne marche ensoleillée, me voici enfin arrivé à l'hôtel international de Santiago, identique à tous les hôtels de haut standing. Ils ont bien du wifi qu'ils vendent au prix de l'or. 12 pesos pour deux petites heures. De plus, la connexion qui passe par le satellite, est très lente. J'en profite donc pour lire mes mails, rien de spécial, et de voir les news du monde. Rien de folichon. J'apprends le suicide de Robin Williams et qu'en Iraq et à Gaza, c'est toujours le bordel. En me connectant sur mon logiciel de blog, je m'aperçois que tous mes brouillons ont disparu. Que c'est-il passé ? Grand moment de panique. Je ne retrouve plus mes récits de voyages. Ils n'ont pas pu disparaître comme ça ? J'enrage. J'espère qu'ils se sont enregistrés en ligne. Impossible de le savoir. J'aurai la surprise à mon retour. Mes lunettes de soleil, mon blog, décidément, ce n'est pas une bonne journée. Comme j'ai la flemme de rentrer à pieds, je hèle un taxi. Je lui demande de faire un arrêt à un cracheur de pesos. Je suis à sec. Puis, il me ramène à la casa où Damaris m'a préparé un petit gueuleton. En fin d'après-midi, lorsque la canicule tombe un peu, je retourne faire un tour en ville. A l'angle d'une rue, je passe devant un barbier. Un des coiffeurs qui discute au seuil de sa porte me demande si je ne veux pas me faire couper les cheveux ? Au début, ça ne me tente pas vraiment car je n'ai pas envie de me retrouver avec une coupe à l'iroquois, comme tous les jeunes ici. Mais d'un autre coté, je me dis que j'en aurai bien besoin. J'ai une sacrée tignasse qui n'est pas vraiment adaptée à la chaleur. Allez, je tente. Après tout, qu'est-ce que je risque ? Le type est tout content que j'accepte. Il me bichonne. J'ai droit à la totale. Une belle coupe, un shampoing dans un vieux bidet, un massage génial du cuir chevelu avec un petit moteur vibrant électrique accroché au dos de sa main. C'est la première fois que je vois ça. Et puis il fignole. Le résultat est bluffant. Il me demande trois petits pesos, je lui en donne cinq pour le super boulot. J'ai passé un bon moment. Une sacrée expérience. Comme il commence à se faire tard, j'hésite à continuer ma balade. Finalement, je décide de descendre sur le port en traversant la vieille ville. Ce sont des quartiers très populaires. Bon accueil des gens qui discutent à la fraîche au seuil de leur porte, jouent aux dominos ou au foot. Au port, qui n'a rien de particulier, je rencontre Eduardo, un personnage fabuleux. Il a 45 ans mais en fait vingt de plus que moi. Il conduit un vélo taxi et veut absolument me faire la visite du quartier. Il me plait ce type. Il est plein de vie. J'accepte qu'il me trimballe sur son engin pour quelques petits pesos. C'est une bonne façon de prendre des photos tranquillement, et puis ça permet de filer un peu de pognon à des gens qui bossent. Il me raconte plein de trucs sur l'histoire de sa ville qu'il connait par cœur. Je ne comprends pas tout parce qu'il a un accent terrible mais il me fait bien rire. Il n'arrête pas de siffler les filles pendant qu'il pédale. Un sacré dragueur. Il me dit que ça marche plutôt bien. Parfois, comme ça monte raide, je pêne pour lui et descends pour marcher à côté de son vélo sinon il va me faire un infarctus. Il me raccompagne jusqu'au centre. C'était très sympa. Je lui donne un peu plus, c'est bien mérité. Surtout pour le spectacle. Je retourne prendre quelques photos sur la terrasse du grand hôtel de la place mais la lumière est trop faible. Ça ne rend pas grand chose. Retour à la casa, une bonne douche et au lit. La journée finit mieux qu'elle n'a commencé.
mercredi 13 août 2014
Bus pour Santiago de Cuba
Après mon petit déjeuner, je retourne me balader en ville. J'ai le temps, mon bus pour Santiago ne part qu'à 14 heures. Au retour, je retrouve les deux jeunes filles belges qui papotent entre elles. Elles finissent leurs études de médecine et en profitent pour voyager un peu en attendant l'internat. Elles sont plutôt cools. Elles partent visiter la ville en pleine chaleur. Reyes m'accompagne à la gare routière vers midi. Il va falloir attendre plus de deux heures. On ne peut pas acheter son billet car il faut attendre de savoir combien de places vont se libérer puisque le bus arrive de Trinidad. J'attends donc, il n'y a que ça à faire. Finalement, il y a plus de places disponibles que de candidats au départ. Le voyage dure 7 heures. C'est long, très long. Plus de 500 kms de petites routes. Les paysages sont monotones comme à l'accoutumée. Habituellement, j'aime bien les trajets en bus. Ils font vraiment partis du voyage. Mais là, j'avoue que c'est uniquement pour aller d'un endroit à un autre. Pas beaucoup d'intérêt. Nous nous arrêtons à Las Tunas, puis Holguín, puis Bayamo, pour arriver enfin à Santiago vers 21 heures. Heureusement, Reyes et Carolina avaient téléphoné pour réserver une casa non loin du centre ville, tenue par Miguel et Damaris, un charmant jeune couple se qui se lance dans l'hébergement de touristes. Ils ont donc demandé à leur fils de venir me chercher à la gare. J'avoue que c'est quand même plus pratique que de galérer à chercher tout seul. Leur maison est en plein travaux. Ils aménagent deux chambres supplémentaires à l'étage. Elles ne seront prêtes que dans quinze jours. Celle qu'ils me proposent est toute petite au rez-de-chaussée et sans fenêtre. Je ne suis pas emballé mais je suis trop fatigué pour ne pas m'en contenter. Et puis, ils sont tellement sympathiques que ça reste un bon plan. Damaris me prépare un petit dîner rapide mais bien bon. J'avais faim car je n'avais pas avalé grand chose de la journée. Nous discutons un peu ensemble, puis je vais dormir.
mardi 12 août 2014
Visite de Camagüey
Après un petit déjeuner copieux, je pars visiter la ville assez tôt pour profiter de la fraîcheur du matin. Carolina m'explique tous les trucs à voir. Elle veut me prêter une carte de la ville mais elle est en tellement mauvais état que je préfère la prendre en photo. Je fais ça maintenant presque systématiquement. Je prends en photo le plan de la ville comme ça je peux le consulter sur l'écran de mon appareil photo et ça m'évite ainsi de trimbaler mon guide. Je commence ma balade par la visite d'un musée d'art. Bof, pas terrible. Les œuvres sont assez quelconques. Le jour où ils libéreront l'art ça leur fera du bien. La nana qui me fait visiter les lieux est à peine aimable. Sûrement une fonctionnaire qui fait son boulot, pas plus. Puis je me rends sur la très belle place de la cathédrale. L'endroit est agréable. Comme on peut grimper sur la flèche de la cathédrale pour un petit peso, j'y vais donc. La vue de là-haut est superbe. On a un panorama à 360 degrés sur toute la ville. J'y reste un bon moment. J'aperçois plusieurs fanfares qui se rejoignent sur la place. Ils commémorent sûrement un truc puisqu'ils déposent une gerbe de fleurs. Je redescends puis vais visiter toutes les églises de la ville. Il y a quelques touristes mais c'est moins pesant qu'à Trinidad. Les pousse-pousses à bicyclette me proposent en permanence leur service. Je leur expliquer que je préfère marcher à pieds. Certains murs en ruines sont décorés par des artistes. Pour faire leurs portraits, ils ont retiré l'enduit par endroit pour laisser apparaître la brique. C'est original. Je vais dans une grande boutique pour acheter un casque audio. J'ai oublié le mien dans le bus hier. On m'en propose quelques uns mais tous de mauvaise qualité. Tant pis, ça fera l'affaire pour la fin du voyage. Puis je me rends à l'autre bout de la ville, à la gare ferroviaire. J'ai lu qu'on pouvait se rendre à Santiago en train. Ça pourrait être marrant. Pour cela, J'emprunte la grande artère piétonnière. Il y a un monde fou qui vient rêver devant les boutiques. Tout est très cher et la plus part des articles se payent en pesos convertibles. Peu de cubains peuvent se les offrir. La gare est dans l'état où elle a été construite, il y a cent ans. Je me renseigne sur la possibilité de me rendre à Santiago mais on me fait comprendre que c'est aléatoire et très peu confortable. On me conseille vivement de voyager en bus. Bon, ben j'aurai essayé. Je retourne au centre ville. Je m'arrête sur une petite place où ils servent des mojitos. Je m'installe tranquillement à une table en regardant les gens passer. Au bout de quelques minutes, une jeune fille noire vient s’asseoir à ma table sans me demander mon autorisation et commence à engager la conversation. Une prostituée certainement, ça ne fait aucun doute. Je suis sûr qu'elle n'est pas majeure. Je lui dis qu'elle pourrait être ma fille et que ce serait bien si elle allait racoler ailleurs. Elle me dit qu'elle a 28 ans et me montre ses papiers. Je rigole. Pauvre fille. Elle finit par partir. Un peu plus loin, j'aperçois son mac qui la surveille. Il est midi et il commence à faire sacrément chaud. Sur le chemin du retour, je m'arrête dans un joli musée. C'est une vieille demeure coloniale bien restaurée. Les gens qui l'habitaient devaient être très riches. Beaucoup de jolis meubles, de la belle vaisselle, le tout venant de la vieille Europe. Comme c'est très haut de plafond, il fait relativement frais. Dans la cour, il y a des citernes en terre cuite qui récupèrent l'eau de pluie. Astucieux. A la casa viennent d'arriver deux jeunes filles belges, pas très causantes.
lundi 11 août 2014
Bus pour Camagüey
Mon bus pour Camagüey part à 8 heures de la gare routière. Cécilia, ma logeuse, me propose de prévenir par téléphone Reyes et Carolina qui ont une casa à Camagüey. Reyes viendra me chercher au terminal de bus. Sympa, ça m'évitera de chercher à mon arrivée. D'autant plus que j'ai cru comprendre que le terminal était loin du centre ville. Je remercie Cécilia pour son accueil chaleureux et me voilà donc parti. Il y a environ 160 kms à parcourir. Camagüey se trouve au centre de l'île. La route est magnifique jusqu'à Sancti Spiriritus. Elle traverse des petites montagnes. Elle n'est pas bien large. Beaucoup de pâturages et des petites fermes isolées. Après Sancti, nous récupérons l'autoroute, toujours aussi déserte. Les paysages redeviennent monotones, sans grand intérêt. A 11 heures, nous nous arrêtons sur une aire de restauration. Comme je n'ai vraiment pas faim, je vais plutôt me promener dans les environs. Je tombe sur une petite maison traditionnelle toute mignonne. Deux femmes qui étendent du linge dehors me m'invitent à venir visiter l'intérieur. Elles sont très gentilles. Elles me proposent un café mais malheureusement, je leur explique que je n'aurai pas le temps. Mon bus doit repartir bientôt. Elles me disent que la prochaine fois, il faudra que je vienne habiter chez eux. On discute un bon quart d'heure de choses et d'autres puis je retourne à mon bus. Nous arrivons à Camagüey vers midi. Comme prévu, Reyes m'attend à la sortie de la gare avec une affichette où il y a marqué mon prénom. Il est venu me chercher avec sa vieille Lada. Elle a plus de vingt ans. On se demande comment elle roule encore. Arrivés chez lui, il me présente Carolina, sa femme, un ancien professeur de physique avec beaucoup de caractère. La chambre est splendide. Elle est située à l'étage devant une magnifique terrasse. L'endroit est calme mais assez éloigné du centre. Il faudra marcher un peu. Je me repose un peu puis vais découvrir la ville en fin d'après-midi. Ici aussi il fait chaud. La ville me plait bien. Elle ressemble à une petite ville de province de chez nous. Il y a de jolis édifices de l'époque coloniale. Par une porte entrouverte, j'aperçois la cour d'un ancien couvent. Il est en piteux état. Je discute un long moment avec une femme, assise là devant un petit bureau qui doit s'ennuyer à mourir. Elle m'explique que cet endroit va être rénové bientôt pour servir d'école. La ville possède neuf églises, une pour chaque quartier. Elles sont toutes belles. La nuit tombe. Je reviendrai demain. Sur le retour, je me perds un peu mais grâce à la gentillesse des gens, je retrouve mon chemin. Les cubains sont vraiment adorables.
dimanche 10 août 2014
Les plages d'Ancon
Ce matin, je veux monter sur la petite colline qui surplombe la ville, le mirador de la Vigia. Il parait qu'il y a là-haut.une très belle. Violeta me propose de m'y accompagner. Elle doit retourner à La Havane cet après-midi vers 15 heures. Ça nous laisse largement le temps. Nous partons donc à la fraîche. Ce n'est pas très loin mais ça grimpe pas mal. Au nord de la ville, nous traversons des quartiers populaires. Les gens discutent facilement avec nous. Plus nous montons, plus la vue devient sympa. Il nous faut à peine une petite heure pour arriver au sommet où il y a une immense antenne de télévision. Le gardien du site est tout content de la visite. Ça le sort un peu de sa solitude. Il nous explique plein de trucs sur la région. L'organisation de la culture de la canne à sucre, le petit train qui servait à transporter la récolte, les miradors qu'on utilisait pour surveiller les esclaves. Et surtout, il nous apprend que tous les pavés qui recouvrent les rues de Trinidad viennent de France. Ils servaient à lester les bateaux lorsqu'ils revenaient à vide d'Europe. Comme nous n'avons pas de monnaie sur nous, on est obligé de lui laisser un gros bifton. L'équivalent d'un demi mois de salaire, une belle journée pour lui. Il nous offre quelques boissons en compensation. Puis, nous redescendons tranquillement. Comme il nous reste encore pas mal de temps avant son départ, Violeta propose d'aller faire un petit tour sur les plages d'Ancon. Il parait que ça vaut le coup. Il y a un bus qui dessert toutes les plages pour les cubains qui veulent aller se baigner. On est dimanche, le bus est bondé. La mer se trouve à une quinzaine de kilomètres du centre ville. Nous allons jusqu'au bout de la pointe. Il y a pas mal d'hôtels. Les plages de sable blanc sont magnifiques. Ça donne presque envie de se baigner. On a juste une petite heure pour marcher le long de la plage. Beaucoup de cubains se baignent en tee-shirt. Bizarre ? Sans doute à cause des risques de coup de soleil ? L'air marin rafraîchit l'atmosphère. C'est moins étouffant qu'en ville. Malheureusement, il faut reprendre le bus du retour si on ne veut pas rater le taxi de Violeta. De retour à Trinidad, je lui dis au revoir et lui souhaite un bon voyage. Je déjeune tranquillement sur ma terrasse. On a droit à un bel orage cet après-midi. J'en profite pour faire du linge.
samedi 9 août 2014
Trinidad
Ce matin, la première chose à faire est de trouver une autre casa plus calme. Je ne comprends pas qu'on autorise de louer de telles chambres. C'est presque scandaleux. Je vais donc me balader dans le centre ville en essayant de repérer les casa susceptibles de me plaire. C'est facile, chaque casa pouvant être louée aux étrangers est marquée d'un signe bleu, une sorte d'ancre marine, au-dessus de la porte d'entrée. Celles destinées aux cubains ont un symbole vert. Je ne connais pas vraiment la différence. Le prix c'est sur, peut-être aussi le confort ? Le centre ville est interdit à la circulation, c'est là qu'il faut la trouver. Comme il est encore tôt, beaucoup sont encore fermées. En haut de la ville, je tombe par hasard sur une maison extraordinaire. Des femmes de ménage sont en train de tout nettoyer à l'intérieur. Il y a des piles d'assiettes apparemment très anciennes, des verres en cristal, des couverts en argent un peu partout. Je n'arrive pas trop à savoir si c'est un antiquaire, un restaurant ou tout simplement une maison particulière. Je demande si je peux prendre quelques photos. Bien sur. Une des femmes me fait même la visite des lieux. On fait un bon en arrière de plusieurs dizaines d'années. On m'explique que toute cette vaisselle est très ancienne et qu'elle vient de plusieurs pays. Angleterre, Espagne et France. Un antiquaire saliverait devant tous ces trésors. En redescendant, je tombe sur un resto ouvert. Ils passent la serpillière. Je demande si on peut me préparer un petit déjeuner. Pas de problème. C'est copieux mais l'addition l'est aussi. Les prix sont multipliés par deux ici. En continuant ma balade, je tombe sur une rue bien paisible. Je frappe à une porte qui possède le petit signe bleu. Une dame me fait visiter sa chambre mais elle est sans fenêtre. Pas génial. En sortant, un petit vieux me conseille d'aller frapper à la maison d'à coté. Il faut du temps avant que quelqu'un daigne venir ouvrir. Une vieille dame un peu fragile me fait visiter sa chambre qui donne sur la terrasse de l'étage. Superbe vue sur les toits et surtout très calme, le tout pour un prix raisonnable. Je retourne donc chercher mes affaires. Mon ancienne logeuse n'est pas ravie de me voir partir. Elle me propose une autre chambre plus calme. Mais devant mon refus, elle râle un peu mais finit par céder. De toute manière, je ne serai pas resté une minute de plus ici. Je la paye donc et pars m'installer dans ma nouvelle casa. Après l'enfer, le paradis. Puis, je retourne faire un tour en ville, mais cette fois dans la ville base. Je retrouve une vie normale. Enfin des cubains qui ne vivent pas que du tourisme. Il y a pas mal de monde dans les rues, surtout autour de la place de la Mairie. Vers midi, je retourne déjeuner à la casa où la cuisinière m'a préparé un gueuleton. Il fait vraiment très chaud aujourd'hui. Une sieste s'impose. Je profite de ma grande terrasse. En fin d'après-midi, je retourne me promener dans la vieille ville. Encore pas mal de groupes de touristes qui déambulent avec leur guide. Je vais visiter un musée qui se trouve dans un ancien couvent. Ce n'est pas vraiment le musée, dédié une fois de plus aux héroïques révolutionnaires, qui m'intéresse, mais plutôt l'accès à la tour qui permet d'avoir un panorama extraordinaire sur la ville et toute la région. C'est tellement beau que j'y reste plus d'une heure. On ne s'en lasse pas. Au loin, le massif montagneux de l'Escambray. Puis le coucher de soleil, inoubliable. Le soir, je fais la connaissance de Violeta, une touriste parisienne qui habite la casa d'à coté. On discute un moment chacun sur notre terrasse puis, Violeta me propose d'aller faire un tour en ville. Bonne idée. Les rues se sont vidées. Je veux lui montrer la maison aux mille vaisselles découverte ce matin. En fait, il s'agissait bien d'un restaurant. Ça a l'air sympa. Il y a même un groupe de musiciens qui fait danser les touristes. Une adresse à retenir en tout cas. Nous terminons la soirée à parler de nos voyages en sirotant des mojitos dans un bar typiquement cubain. Bonne ambiance. Trinidad devient plus sympa.
vendredi 8 août 2014
Bus pour Trinidad
Normalement, un taxi devait venir me chercher ce matin pour aller à Trinidad. J'avais rencontré un type hier dans la rue qui m'avait proposé cette solution. Je trouvais l'idée sympa, surtout si c'était en belle américaine. Mais je sens le truc un peu foireux. J'ai quand même préparé mes affaires au cas où. Bien entendu, à l'heure dite, personne. Ce n'est pas grave, j'irai en bus. A priori, il n'y en a pas le matin. Je décide donc d'aller visiter le musée qui se trouve sur la grande place. Je l'avais repéré hier. Il n'y a pas grand monde. Il n'y a pas grand chose à voir non plus. Quelques sculptures et peintures révolutionnaires, des reliques du Che et de Fidel comme d'habitude. Bref, pas beaucoup intérêt. Quel dommage, le pays doit regorger de trésors plus intéressants que ça ? Une surveillante qui doit s'ennuyer à mourir, me commente toutes les œuvres très gentiment. J'ai l'impression que ça lui fait plaisir. Vers 11 heures, je retourne à la casa. Je fais mon sac, dis au revoir à ma logeuse et son mari, puis vais à pieds à la gare routière. Ce n'est pas très loin. Je trouve assez facilement le guichet mais impossible de savoir à quelle heure part le prochain bus. On nous dit d'attendre dans un coin de la salle d'attente. Il y a une bonne vingtaine de touristes comme moi. Au bout d'une heure, certains décident de prendre un taxi. Toujours aucune information. Ça devient long. Finalement, on nous prévient qu'il en y aura un vers 15 heures. J'achète mon billet puis sors de la gare pour trouver un endroit pour manger un truc. J'ai beau parcourir tout le quartier, pas de restaurant. Seules quelques petites échoppes qui servent des jus de fruit et des sandwichs. Je me rabats donc là dessus. Une petite dame me prépare une espèce de hamburger. On ne sait pas trop ce qu'il y a dedans mais c'est mangeable. Par contre, le jus de tamarin est délicieux. J'en reprends un deuxième. Puis je retourne à la gare et attends mon bus dans la salle d'attente qui part à l'heure prévue. La route est assez jolie car elle longe une chaîne montagneuse. Trinidad se trouvant à 150 kms, le trajet ne dure que deux petites heures. Ça passe vite. Arrivé au terminus de Trinidad, je suis harcelé par des rabatteurs de casas. Je leur dis que j'ai déjà une adresse pour m'en débarrasser. Une jeune fille me suis au cas où la casa que j'avais repéré dans mon guide serait occupée. En fait, elle est libre mais pas géniale. Elle est sombre et sans vue. Je vais donc voir celle que me propose mon poisson pilote. La maison se trouve juste à côté du terminus des bus. La chambre n'est pas mal. Elle vient d'être refaite à neuf et a une fenêtre qui donne sur la rue. Au-dessus de la maison, il y a une jolie terrasse avec vue sur les toits de la ville. De toute manière, je n'ai pas envie de perdre du temps à chercher. Je la prends. Une fois installé, je m'aperçois que c'est l'enfer. Il y a un bus ou un camion qui passe toutes les trente secondes sous ma fenêtre. Ce n'est pas tant le bruit mais surtout l'odeur des gaz d'échappement qui me gêne. C'est épouvantable. Demain, c'est décidé, je change. Je prends une bonne douche puis vais découvrir un peu la ville. C'est très étonnant. Le centre ville historique a été complètement rénové. C'est propre et joli mais on a l'impression d'une ville musée. Je ne m'y sens pas vraiment à l'aise. Tout a été étudié pour attirer les touristes. Des boutiques de souvenirs, des restaurants, des rues pavées, des façades de maisons ravalées. Ça ne ressemble pas au vrai Cuba. Une espèce de piège à touristes. La nuit tombe. L'éclairage des rues a été soigneusement étudié. Comme je n'ai pas mangé grand chose à midi, je m'installe dans un petit restaurant. Il est vide. On m'explique que les touristes viennent surtout déjeuner dans la journée. Le soir, il n'y a pas grand monde. Je commande une langouste. Il me serve un plat pour au moins trois personnes. Comment peut-on manger tout ça ? Je déguste la langouste et laisse le reste. La serveuse me demande si c'était bon ? Je lui explique qu'il y en a vraiment trop pour moi. De retour dans ma chambre, le vacarme s'est un peu calmé. Les bus ne passent que tous les quarts d'heures. Les boules Quies s'imposent.
jeudi 7 août 2014
Punta Gorda
Après un petit déjeuner magistral, me voilà parti à pieds pour la pointe sud de la ville, le quartier de la Punta Corda. J'emprunte donc la grande artère centrale, le Prado. C'est une grande avenue avec une promenade au milieu, entourée de vieilles bâtisses d'un autre âge. Elles n'ont pas certes le charme de La Havane mais on sent qu'il y a eu des gens argentés autrefois. Comme il est tôt, il fait encore frais. Mais je sens que ça ne va pas durer. Le Prado longe un peu la mer. Il y a là plein de stands où s'agglutinent des gens. Une sorte de foire commerciale. Je n'arrive pas trop à savoir ce qu'ils vendent. Je continue ma promenade jusqu'au bout de la jetée. Je tombe sur une espèce de palais un peu rococo. Il parait que c'était un casino, construit à l'époque de la mafia américaine. Il y a trois tourelles d'un style assez particulier. Je rentre à l'intérieur et demande si je peux prendre quelques photos. On me répond que pour la modique somme de deux pesos, je peux prendre toutes les photos que je veux, aller partout et surtout boire un mojito gracieusement offert sur la terrasse du dernier étage. Banco. On imagine bien le lieu de débauches de l'époque. Ils l'ont transformé en restaurant et bar. C'est plutôt marrant. La vue de là-haut est assez jolie. On voit toute la baie. Puis je continue jusqu'au bout de la pointe où il y a un petit parc où les gens viennent se baigner. Ambiance familiale. L'eau est presque transparente. On voit un paquet de petits poissons. Malgré la chaleur qui cogne pas mal, je décide de rentrer à pieds. J'ai droit aux nombreuses sollicitations des taxis en vélo. Difficile de leur faire comprendre qu'un touriste ça peut avoir envie de marcher. Me voilà de retour à la casa où on m'a préparé un bon gros poisson pané. Il y en a au moins pour quatre. D'une manière générale, on mange beaucoup mieux dans les casas qu'au restaurant. On ne peut pas dire qu'à Cuba la cuisine est très fine mais ça remplit bien le bide. Il fait extrêmement lourd. La chaleur est vraiment intenable. Je vais faire une sieste. De toute façon, il n'y a rien d'autre à faire. Vers 17 heures, un gros orage nous tombe sur la tronche. L'air se rafraîchit. Enfin, un peu. J'attends la fin de la pluie pour retourner au grand théâtre de la ville. Faut que je fasse vite car il ferme à 18 heures. A l'intérieur, on a l'impression de faire un bond dans le passé. Ambiance 1900 assurée. En tout cas, il est très bien entretenu. Ils proposent encore des spectacles plusieurs fois par semaine. J'y serais bien allé une fois pour voir mais à partir de 21 heures, je tombe de sommeil.
mercredi 6 août 2014
Bus pour Cienfuegos
Je me lève tôt car mon bus pour Cienfuegos part à 7 heures. Juana a eu le temps de me préparer un petit déjeuner. Je ferme mon sac, lui fais la grosse bise puis me rends à pied au centre où m'attend le bus. Nous allons mettre 7 heures pour parcourir 450 kms. L'avantage de ce bus, c'est qu'il ne s'arrête pas à La Havane. On gagne un peu de temps. Il est rempli de touriste de toutes les nationalités mais surtout européennes. Je suis assis à côté d'un taïwanais. Comme tous les asiatiques, il ne perd pas de temps. Il fait le Pérou et Cuba en quinze petit jours. Tout est programmé à l'avance. Mais il est sympa quand même. Nous passons par Pinar d'El Rio, la grande ville du coin. Ça ne m'a pas l'air folichon. Puis nous empruntons l'autoroute, toujours aussi désespérément vide. Les paysages sont dans l'ensemble assez monotones. C'est plat. Toujours ces immenses étendues de champs de cannes à sucre. Les villages ressemblent plus ou moins à des agglomérats de maisons agricoles, toutes les mêmes, sans grand charme. Nous faisons une halte vers midi dans un petit resto routier. Je mange un sandwich et une bière avec mon pote taïwanais. On arrive à Cienfuegos vers 14 heures. Il fait très chaud. J'ai repéré dans mon guide une casa près du centre. Je sonne et demande s'il y a une chambre de libre. Malheureusement tout est occupé. C'est dommage, c'était mignon à l'intérieur. Une vieille maison coloniale bien décorée. La propriétaire, une vieille dame, appelle au téléphone une de ces amies qui pourrait me dépanner. Elle va venir me chercher. Elle habite à côté. La chambre qu'elle me propose est au rez-de-chaussée, avec un petit patio intérieur. C'est pas mal. J'avais peur du bruit mais finalement c'est plutôt calme. Il fait tellement chaud que je me repose un peu et en profite pour laver un peu de linge. Vers 3 heures, l'orage gronde et la pluie tombe. Ça rafraîchit un peu l'atmosphère. En fin d'après-midi, je vais me promener en ville. Les rues sont désertes. Je vais voir la grande place de la cathédrale. Quelques jeunes jouent aux dominos sous les arcades. Il y a un vieux théâtre qui vient d'être rénové. Je demande si je peux le visiter mais on me répond s'ils sont en train de fermer. Il faudra revenir demain. Je continue donc ma promenade dans la vieille ville. C'est déjà plus vivant. Les enfants jouent au foot dans la rue et les adultes discutent sur le pas de leur porte. Toutes les fenêtres et les portes sont ouvertes pour ventiler. C'est un quartier très populaire. Il y a un melting-pot incroyable. Un tiers de noirs, un tiers de blancs et le dernier tiers de métisses. Tout ce petit monde a l'air de vivre en parfaite harmonie. Les gens me saluent et me sourient régulièrement. Par contre, ils n'engagent pas facilement la conversation. Sans doute pensent-ils que je ne parle pas espagnol ? Je vais jusqu'au quai. Endroit paisible et agréable. La mer est calme. Puis je retourne sur la grande place centrale. Je m'arrête boire un mojito dans un petit bistrot sous les arcades. Je discute un peu avec les serveuses et un couple de touristes cubains. C'est tranquille ici.
mardi 5 août 2014
Les Cuevas
Je me rends comme prévu à 9 heures à la petite agence du centre. Il y a déjà un monde fou qui attend devant le bureau. Je suis inquiet. Mais le type de l'agence me dit que la plus part d'entre eux partent pour d'autres excursions. Me voilà rassuré. En fait, je suis seul. Il m'a loué un taxi pour moi tout seul. Une vieille bagnole américaine. Génial. Le type du taxi est sympa comme tout. Il passe son temps à saluer les gens. Il a l'air de connaitre tout le monde. Il m'emmène d'abord à une vingtaine de kms au nord, visiter la cueva d'El Indio. Une belle grotte aménagée pour les touristes. Devant, il y a un joli parc bien entretenu. On déambule à l'intérieur de la grotte par des chemins bétonnés bien balisés. C'est propre et joli. L'éclairage permet de mettre en valeur les stalagmites et les voûtes de la grotte. On ressort par un lac souterrain en barque. Voilà, c'était mignon. Un peu court à mon goût. Mon taxi m'attend à la sortie. Sur la route du retour, nous faisons une halte à une autre grotte sans grand intérêt d'après mon chauffeur. Je prends donc quelques photos histoire de, puis nous repartons au sud de Viñales. Des flics sur la route nous font signe de nous arrêter mais quand il reconnaisse mon chauffeur, ils nous disent de continuer. Mon chauffeur me sort alors une phrase marrante. "A Cuba, le gouvernement a formé plein de médecins pour sauver la vie des gens et plein de flics pour leur la pourrir". Il me conduit à une immense fresque préhistorique peinte sur le flan d'une colline. En fait, c'est du bidon. Il n'y a jamais eu d'animaux préhistoriques à Cuba. Fidel l'a fait peindre par un de ses potes mexicain pour créer un lieu touristique. Le summum du mauvais goût. Il fallait le voir. Mon chauffeur me conseille de prendre une photo de loin car si on va sur le site, il faudra payer. Et franchement, ça ne vaut pas le coup. Après, il m'emmène non loin de là sur le sommet d'une colline pour admirer le point de vue. C'est vrai que ça vaut le coup d'œil. On a un panorama superbe sur toute la vallée. Il y a un très bel hôtel avec une piscine panoramique. Voilà, on a fini notre tour. Je reste un peu sur ma faim. J'ai lu dans mon guide qu'il y avait une très grande grotte, la deuxième d'Amérique du sud paraît-il, située à une vingtaine de kms de là. La cueva de Santo Tomas. Mon chauffeur me propose de m'y conduire pour quelques pesos de plus. Banco. La route qui descend vers le sud est très jolie. Rien que pour elle, ça valait le coup. Nous arrivons à un petit village. Mon chauffeur me dépose devant le bureau des guides. Il faut sue j'attende un peu car, pour le moment, je suis tout seul. Ils attendent d'autres touristes pour faire un groupe. Pas de problème, je vais me balader dans le village en attendant. Par curiosité, je rentre dans une grande boutique. Les étalages sont désespérément vides. Au bout d'une heure, toujours pas de touriste en vue. Un guide me propose de m'y emmener seul. Super. Il faut marcher un peu pour s'y rendre. Puis, le guide m'équipe d'un casque avec une loupiote dessus et nous voilà descendant dans les entrailles de la terre. On n'y voit pas grand chose, les lampes ne sont pas très efficaces. La grotte fait plusieurs dizaines de kilomètres de long mais la partie qui se visite seulement 500 mètres. Il y a une humidité incroyable. Je dégouline de partout. La grotte n'est pas du tout équipée pour les touristes, à part des petits escaliers en bois de temps en temps. Le chemin est particulièrement glissant. Je manque à plusieurs reprises de me foutre en l'air. La visite a duré un peu plus d'une heure. Le déplacement en valait la chandelle. A notre retour, un groupe de touristes attend mon guide. Je le remercie, puis nous repartons avec mon chauffeur à Viñales. Durant le trajet, nous discutons de la vie à Cuba. De retour en ville, je lui donne son du puis le salue. Ce midi, Juana m'a préparé du poisson, un régal.
lundi 4 août 2014
Le Parque de Viñales
Comme prévu, le type qu'avait appelé Juana hier débarque à 8 heures. Je ne sens pas du tout le bonhomme. Il me propose une simple balade à pieds pour une somme astronomique. Il n'est pas très clair dans ses explications et puis il me dit que de toute manière, c'est à prendre ou à laisser. Ça, c'est le genre de truc qu'il ne faut pas trop me dire. Je lui réponds donc que je préfère me passer de ses services. Il a l'air surpris de ma décision. Je pense qu'il ne s'y attendait pas. Il s'en va donc penaud. Juana est toute gênée. Je lui dis que ce n'est pas grave. Je vais aller voir une agence en ville pour trouver un guide, mais pas question de me balader avec un type comme ça. Elle comprend et me donne raison. Elle propose que son fils, Manuel, m'accompagne. Il ne fait rien aujourd'hui. J'en serai ravi, mais je ne veux pas qu'il ait des problèmes avec les autorités à cause de moi. Normalement, on doit forcement passer par des guides du parc. Elle me certifie qu'il n'y aura pas de problème. Alors, dans ce cas, pourquoi pas. Je préfère refiler un peu de pognon à son fils qu'à ces mafieux. Nous voilà donc partis sur les petits chemins avec Manuel. C'est un grand gaillard d'une vingtaine d'années sympa mais un peu simplet. Je ne comprends pas grand chose à ce qu'il me raconte. Il a un terrible accent, sûrement du coin, difficilement compréhensible. Mais au bout d'un moment, j'arrive à saisir quelques bouts de phrases. A la sortie du village, nous croisons un groupe de cavaliers qui attend les touristes pour les balader. Nous passons par une petite ferme où un type avec un chapeau de cow-boys vend des jus de fruits et des cigares. Ils ont droit de vendre 10% de leur production aux touristes. Bien que n'aimant pas ça, je lui achète un paquet de six gros cigares. J'arriverai toujours à les refourguer à quelqu'un qui les apprécie. En plus, ils ne coûtent vraiment pas chers. Puis nous continuons notre marche. Au bord d'un petit ruisseau, Manuel attrape à la volée un gros poisson chat. Impressionnant l'agilité de ce garçon. Je le prends en photo, puis nous le relâchons. Nous arrivons au pied d'une petite montagne. Nous grimpons un peu et pénétrons dans une grotte qui permet de traverser la colline sans monter jusqu'en haut. On n'y voit pas grand chose à l'intérieur. Ni Manuel, ni moi n'avons de torche. On marche à l'aveuglette. Je préfère ne pas savoir quel genre de bestioles vit ici. Nous traversons la grotte et arrivons de l'autre coté. Devant nous un magnifique panorama donnant sur une grande plaine. Au fond, une autre chaîne de montagnes. C'est là-bas que nous allons. Il commence à faire chaud et humide. J'ai bien peur que ma petite bouteille d'eau ne suffise pas. Il y a pas mal de hangars avec de jolis toits de chaume. Ce sont des séchoirs à tabac. Ils sont vides en ce moment. Les paysages sont vraiment jolis. C'est une balade très agréable. Parfois, il faut faire de grands détours car le chemin est inondé. Il a beaucoup plu hier. Au bout d'une petite heure, nous arrivons aux pieds du massif montagneux. Il y a là une grande grotte qui se visite moyennant quelques pesos. Manuel me laisse en compagnie d'un paysan du coin. A l'intérieur, je suis tout seul avec lui. Il a deux petites lampes fluos bien faiblardes mais qui permettent de voir les stalagmites et les voûtes de la grotte. C'est pas génial, mais c'est mieux que rien. Les photos ne rendent pas grand chose. On déambule par un petit chemin très glissant jusqu'à un petit lac souterrain. Au retour, nous tombons sur un groupe de touristes français. De vrais bidochons. Certains râlent, d'autres font de l'humour à deux balles. Aucun d'eux ne parle espagnol. Ils sont en train de s'engueuler avec leurs guides. Ils ont l'impression de se faire arnaquer, ce qui est sûrement vrai. Mais quand on tombe sur un troupeau de cons pareil, ce serait un crime de ne pas en profiter. Je leur sers un instant d'interprète puis je les laisse se demmerder. Je n'ai aucune envie de rester une minute de plus avec ces crétins. Manuel et moi reprenons donc le chemin du retour. Au loin, les nuages sont menaçants. Manuel, me montre la pluie qui arrive rapidement devant nous. Nous nous abritons dans un séchoir le temps qu'elle cesse. Manuel en profite pour me faire écouter de la musique de jeun's à la mode en ce moment à Cuba. Ils appellent ça du reggaeton, un mélange de techno et de musique latino. C'est pas mal mais à petite dose. Le chemin est devenu trempé. Il y a de la boue partout. Mes chaussures sont dans un triste état. Rentré à la casa, c'est séance de nettoyage. Juana m'a préparé de quoi déjeuner. Du poulet pas trop mal cuisiné. Dans l'après-midi, je vais faire un tour dans le village et m'arrête dans une agence de tourisme. Je réserve mon billet de bus pour Cienfuegos et leur demande ce que je pourrais visiter demain. Le type de l'agence, très sympa, me conseille une excursion pour voir les coins sympas de la région. Banco, rendez-vous demain à 9 heures.
dimanche 3 août 2014
Bus pour Viñales
samedi 2 août 2014
Le Bus Panoramique
On m'a dit qu'on pouvait réserver son billet de bus pour Viñales à l’hôtel Ingleterra, situé à deux pas de ma casa. Ça m'évitera de passer à la gare routière qui se trouve à l'autre bout de la ville. Je commence donc ma journée par cette corvée. Ce sera toujours ça de fait. L'Ingleterra est un vieil hôtel situé en plein centre ville qui a surement eu ses heures de gloire. Aujourd'hui, il parait un peu vieillot et mériterait un bon coup de peinture à l'intérieur. Mais d'un autre côté, c'est aussi ce qui fait son charme. Au rez-de-chaussée, il y a une petite agence de voyage. Les préposées sont à peine sympas. Elles font leur boulot, pas plus. Elles me dégotent un billet de bus pour demain, départ à 8 heures devant l’hôtel. Chouette, c'est plus pratique pour moi. A la sortie de l’hôtel, j'aperçois un bus panoramique pour les touristes. C'est l'occasion de visiter la ville rapidement. 5 pesos, ça va, ce n'est pas trop cher. Le bus longe d'abord le bord de mer. Les bâtiments n'ont pas une architecture extraordinaire. Des slogans révolutionnaires et des portraits de Fidel et du Che un peu partout. Un petit détour par l'immense place de la révolution avec sa tour penchée. On reconnait le style soviétique. Pompeux et moche à souhait. On fait un grand tour en passant par les quartiers résidentiels et les grands hôtels au bord de la mer. Les immenses avenues que nous parcourons sont quasiment désertes. Il y a en fait très peu de véhicules qui roulent. Les gens n'ont pas assez d'argent pour se payer de l'essence et encore moins une voiture. Un petit tour par l'immense cimetière de la ville. Finalement, il n'y a que le centre ville historique qui vaut vraiment la peine. Au moins, ça m'aura donné l'occasion de voir La Havane sous un angle différent. Depuis le haut de mon bus, j'ai repéré un restaurant sur une barge sur les quais de la vieille ville. Il a l'air sympa. Je m'y arrête. Je suis le seul sur le pont. Un groupe de musicien répète des morceaux de salsa. C'est pas mal du tout. Je commande un plat de gambas accompagné d'une Cristal, la bière locale. Il y a le vent de la mer qui rafraîchit un peu l’atmosphère. On est pas mal ici. J'aime bien ces endroits découvert au hasard. Un petit tour dans le centre puis retour à la casa. Il commence à faire sacrément chaud. Une sieste s'impose. Le soir, je vais prendre un pot sur la terrasse de l’hôtel Ingleterra et profiter du panorama sur les toits de la ville. Superbe.
vendredi 1 août 2014
Découverte de La Havane
Décalage horaire oblige, je me réveille très tôt avec l'impression d'avoir très bien dormi. Il fait encore nuit dehors. Les rues sont désertes. J'en profite pour passer au distributeur de pognon pour retirer quelques pesos. J'avais emporté, au cas où, des euros, mais je crois qu'ils ne me serviront pas. Cette carte Visa, c'est quand même une belle invention. De retour à la casa, tout le monde dort encore paisiblement. Je décide de ne pas attendre et d'aller faire un tour. J'emprunte d'abord le Prado, cette grande avenue qui va du capitole vers la mer. Elle est jalonnée de jolies maisons coloniales en piteux état mais superbes. Je cherche un endroit où prendre un petit déjeuner mais tout est fermé. Comme les bistrots font la java toute la nuit, rien n'est ouvert avant 10 heures. J'arrive sur le Malécon, cet immense quai qu'on voit dans tous les films sur Cuba. Une voiture sur deux est une vieille bagnole américaine. Ils doivent les entretenir avec soin car elles paraissent comme neuves. Je suis impressionné par le nombre de balayeurs dans les rues. Au moins, ça fait des petits boulots. C'est sans doute la raison pour laquelle la ville est relativement propre. Quelques cubains se sont levés tôt pour pêcher à la ligne. Au bout de la jetée, il y a un fortin qui doit dater de la période espagnol. Il y a encore les vieux canons braqués sur la passe. Puis, je m'enfonce un peu dans la vieille ville historique. Il y a de jolies places avec des petits jardins publiques. Les édifices sont superbes. Beaucoup sont dans un état de délabrement avancé mais, apparemment, ils ont commencé à les rénover. Il y a du boulot pour plusieurs années. Jusqu'à présent, ce n'était pas une priorité pour la révolution, mais pour attirer les touristes, ils mettent les moyens. Les immeubles du centre sont surtout habités par une population assez pauvre et populaire. Les conditions sanitaires ont l'air assez limites. Il y a même des arbres qui se sont enracinés sur les balcons. Souvent, l'intérieur des immeubles s'est effondré. Seules les façades restent debout. La place de la cathédrale est magnifique. Contrairement autres villes d’Amérique du sud, on sent ici le poids de l'Histoire. Ça va de la période coloniale espagnole à la folle époque des casinos de la mafia américaine. Je trouve enfin un endroit où prendre un petit déj. Sous les arcades de la place de Armas. L'endroit est touristique et les prix s'en ressentent. Mais c'était bon et copieux. Sur la place, des bouquinistes vendent des bouquins sur le Che, la bonne parole de Fidel et les bienfaits de la révolution. Je déambule tranquillement à travers les rues. Quelques types tentent de me vendre des trucs ou de me proposer une visite de fabrique de cigares. Mais quand on leur fait comprendre gentiment qu'on n'est pas intéressé, ils n'insistent pas et nous foutent la paix. Vers midi, il commence à faire sérieusement chaud. Je retourne à la casa pour me reposer un peu. Mes hôtes me disent qu'ils m'avaient préparé mon petit déj. Je m'excuse en leur expliquant que je voulais profiter de la fraîcheur du matin pour me balader. C'est un charmant couple de noirs. En fin d'après-midi, je retourne faire un tour dans la vieille ville. Je m'aperçois qu'il y a des bus panoramiques qui circulent. J'adore ça. Il faudra que j'en prenne un demain. Dans les rues, ça grouille de monde. Beaucoup discutent ou jouent aux dominos sur le bas de leur porte. Les enfants occupent les rues pour jouer au foot. Ambiance familiale et populaire.
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