lundi 4 août 2014

Le Parque de Viñales

Comme prévu, le type qu'avait appelé Juana hier débarque à 8 heures. Je ne sens pas du tout le bonhomme. Il me propose une simple balade à pieds pour une somme astronomique. Il n'est pas très clair dans ses explications et puis il me dit que de toute manière, c'est à prendre ou à laisser. Ça, c'est le genre de truc qu'il ne faut pas trop me dire. Je lui réponds donc que je préfère me passer de ses services. Il a l'air surpris de ma décision. Je pense qu'il ne s'y attendait pas. Il s'en va donc penaud. Juana est toute gênée. Je lui dis que ce n'est pas grave. Je vais aller voir une agence en ville pour trouver un guide, mais pas question de me balader avec un type comme ça. Elle comprend et me donne raison. Elle propose que son fils, Manuel, m'accompagne. Il ne fait rien aujourd'hui. J'en serai ravi, mais je ne veux pas qu'il ait des problèmes avec les autorités à cause de moi. Normalement, on doit forcement passer par des guides du parc. Elle me certifie qu'il n'y aura pas de problème. Alors, dans ce cas, pourquoi pas. Je préfère refiler un peu de pognon à son fils qu'à ces mafieux. Nous voilà donc partis sur les petits chemins avec Manuel. C'est un grand gaillard d'une vingtaine d'années sympa mais un peu simplet. Je ne comprends pas grand chose à ce qu'il me raconte. Il a un terrible accent, sûrement du coin, difficilement compréhensible. Mais au bout d'un moment, j'arrive à saisir quelques bouts de phrases. A la sortie du village, nous croisons un groupe de cavaliers qui attend les touristes pour les balader. Nous passons par une petite ferme où un type avec un chapeau de cow-boys vend des jus de fruits et des cigares. Ils ont droit de vendre 10% de leur production aux touristes. Bien que n'aimant pas ça, je lui achète un paquet de six gros cigares. J'arriverai toujours à les refourguer à quelqu'un qui les apprécie. En plus, ils ne coûtent vraiment pas chers. Puis nous continuons notre marche. Au bord d'un petit ruisseau, Manuel attrape à la volée un gros poisson chat. Impressionnant l'agilité de ce garçon. Je le prends en photo, puis nous le relâchons. Nous arrivons au pied d'une petite montagne. Nous grimpons un peu et pénétrons dans une grotte qui permet de traverser la colline sans monter jusqu'en haut. On n'y voit pas grand chose à l'intérieur. Ni Manuel, ni moi n'avons de torche. On marche à l'aveuglette. Je préfère ne pas savoir quel genre de bestioles vit ici. Nous traversons la grotte et arrivons de l'autre coté. Devant nous un magnifique panorama donnant sur une grande plaine. Au fond, une autre chaîne de montagnes. C'est là-bas que nous allons. Il commence à faire chaud et humide. J'ai bien peur que ma petite bouteille d'eau ne suffise pas. Il y a pas mal de hangars avec de jolis toits de chaume. Ce sont des séchoirs à tabac. Ils sont vides en ce moment. Les paysages sont vraiment jolis. C'est une balade très agréable. Parfois, il faut faire de grands détours car le chemin est inondé. Il a beaucoup plu hier. Au bout d'une petite heure, nous arrivons aux pieds du massif montagneux. Il y a là une grande grotte qui se visite moyennant quelques pesos. Manuel me laisse en compagnie d'un paysan du coin. A l'intérieur, je suis tout seul avec lui. Il a deux petites lampes fluos bien faiblardes mais qui permettent de voir les stalagmites et les voûtes de la grotte. C'est pas génial, mais c'est mieux que rien. Les photos ne rendent pas grand chose. On déambule par un petit chemin très glissant jusqu'à un petit lac souterrain. Au retour, nous tombons sur un groupe de touristes français. De vrais bidochons. Certains râlent, d'autres font de l'humour à deux balles. Aucun d'eux ne parle espagnol. Ils sont en train de s'engueuler avec leurs guides. Ils ont l'impression de se faire arnaquer, ce qui est sûrement vrai. Mais quand on tombe sur un troupeau de cons pareil, ce serait un crime de ne pas en profiter. Je leur sers un instant d'interprète puis je les laisse se demmerder. Je n'ai aucune envie de rester une minute de plus avec ces crétins. Manuel et moi reprenons donc le chemin du retour. Au loin, les nuages sont menaçants. Manuel, me montre la pluie qui arrive rapidement devant nous. Nous nous abritons dans un séchoir le temps qu'elle cesse. Manuel en profite pour me faire écouter de la musique de jeun's à la mode en ce moment à Cuba. Ils appellent ça du reggaeton, un mélange de techno et de musique latino. C'est pas mal mais à petite dose. Le chemin est devenu trempé. Il y a de la boue partout. Mes chaussures sont dans un triste état. Rentré à la casa, c'est séance de nettoyage. Juana m'a préparé de quoi déjeuner. Du poulet pas trop mal cuisiné. Dans l'après-midi, je vais faire un tour dans le village et m'arrête dans une agence de tourisme. Je réserve mon billet de bus pour Cienfuegos et leur demande ce que je pourrais visiter demain. Le type de l'agence, très sympa, me conseille une excursion pour voir les coins sympas de la région. Banco, rendez-vous demain à 9 heures.

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