jeudi 14 août 2014

Chez le barbier

Après le petit déjeuner, je me prépare à visiter la ville. Je ne retrouve plus mes lunettes de soleil. J'ai dû les oublier dans le bus. Il va falloir que je m'en passe jusqu'à la fin de mon voyage. La poisse. Je vais d'abord sur la grande place de la cathédrale, la plaza Céspedes. Je vais tout de suite acheter mon billet de bus pour Baracoa dans une petite agence au rez-de-chaussée du grand hôtel colonial Casa Granda. C'est toujours ça de fait. Puis, je grimpe au dernier étage de l'hôtel pour admirer la vue panoramique sur la ville. Il y a là-haut tout un groupe de touristes français qui prend un cours de salsa. Encore des français, ils sont partout. Puis je redescends à l'accueil pour savoir si par hasard, ils ont une connexion wifi internet. Ils me disent que non, mais me conseillent d'aller à l'hôtel Santiago, le plus grand hôtel de la ville, situé dans le quartier moderne, à l'est. Il faut environ 40 minutes à pieds pour s'y rendre. Après tout, ça me fera une balade. Et puis, ça fait plus de dix jours que je n'ai pas consulté mes e-mails. Après une bonne marche ensoleillée, me voici enfin arrivé à l'hôtel international de Santiago, identique à tous les hôtels de haut standing. Ils ont bien du wifi qu'ils vendent au prix de l'or. 12 pesos pour deux petites heures. De plus, la connexion qui passe par le satellite, est très lente. J'en profite donc pour lire mes mails, rien de spécial, et de voir les news du monde. Rien de folichon. J'apprends le suicide de Robin Williams et qu'en Iraq et à Gaza, c'est toujours le bordel. En me connectant sur mon logiciel de blog, je m'aperçois que tous mes brouillons ont disparu. Que c'est-il passé ? Grand moment de panique. Je ne retrouve plus mes récits de voyages. Ils n'ont pas pu disparaître comme ça ? J'enrage. J'espère qu'ils se sont enregistrés en ligne. Impossible de le savoir. J'aurai la surprise à mon retour. Mes lunettes de soleil, mon blog, décidément, ce n'est pas une bonne journée. Comme j'ai la flemme de rentrer à pieds, je hèle un taxi. Je lui demande de faire un arrêt à un cracheur de pesos. Je suis à sec. Puis, il me ramène à la casa où Damaris m'a préparé un petit gueuleton. En fin d'après-midi, lorsque la canicule tombe un peu, je retourne faire un tour en ville. A l'angle d'une rue, je passe devant un barbier. Un des coiffeurs qui discute au seuil de sa porte me demande si je ne veux pas me faire couper les cheveux ? Au début, ça ne me tente pas vraiment car je n'ai pas envie de me retrouver avec une coupe à l'iroquois, comme tous les jeunes ici. Mais d'un autre coté, je me dis que j'en aurai bien besoin. J'ai une sacrée tignasse qui n'est pas vraiment adaptée à la chaleur. Allez, je tente. Après tout, qu'est-ce que je risque ? Le type est tout content que j'accepte. Il me bichonne. J'ai droit à la totale. Une belle coupe, un shampoing dans un vieux bidet, un massage génial du cuir chevelu avec un petit moteur vibrant électrique accroché au dos de sa main. C'est la première fois que je vois ça. Et puis il fignole. Le résultat est bluffant. Il me demande trois petits pesos, je lui en donne cinq pour le super boulot. J'ai passé un bon moment. Une sacrée expérience. Comme il commence à se faire tard, j'hésite à continuer ma balade. Finalement, je décide de descendre sur le port en traversant la vieille ville. Ce sont des quartiers très populaires. Bon accueil des gens qui discutent à la fraîche au seuil de leur porte, jouent aux dominos ou au foot. Au port, qui n'a rien de particulier, je rencontre Eduardo, un personnage fabuleux. Il a 45 ans mais en fait vingt de plus que moi. Il conduit un vélo taxi et veut absolument me faire la visite du quartier. Il me plait ce type. Il est plein de vie. J'accepte qu'il me trimballe sur son engin pour quelques petits pesos. C'est une bonne façon de prendre des photos tranquillement, et puis ça permet de filer un peu de pognon à des gens qui bossent. Il me raconte plein de trucs sur l'histoire de sa ville qu'il connait par cœur. Je ne comprends pas tout parce qu'il a un accent terrible mais il me fait bien rire. Il n'arrête pas de siffler les filles pendant qu'il pédale. Un sacré dragueur. Il me dit que ça marche plutôt bien. Parfois, comme ça monte raide, je pêne pour lui et descends pour marcher à côté de son vélo sinon il va me faire un infarctus. Il me raccompagne jusqu'au centre. C'était très sympa. Je lui donne un peu plus, c'est bien mérité. Surtout pour le spectacle. Je retourne prendre quelques photos sur la terrasse du grand hôtel de la place mais la lumière est trop faible. Ça ne rend pas grand chose. Retour à la casa, une bonne douche et au lit. La journée finit mieux qu'elle n'a commencé.

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