samedi 16 août 2014

Bus pour Baracoa

Je fais la grosse bise à Damaris et Miguel puis me rends sur la place de la cathédrale où attend le bus qui va nous mener à Baracoa. D'abord, ils font monter les touristes, ceux qui payent plein pot, puis ils occupent les places vides par des cubains. Ça fait bizarre mais c'est comme ça. Priorité aux devises. J'arrive à dégoter une place devant. J'aime bien être là. Pour une fois, la route est intéressante. Elle est sinueuse et assez jolie jusqu'à Guantánamo. Guantánamo, un mythe. En fait, il n'y a rien à voir. C'est une ville assez commune. L'enclave américaine se trouve plus loin. Et de toute manière, on ne peut pas l'approcher. Aucun panneau ne l'indique. Pour les cubains, elle n'existe pas. Nous faisons donc juste une pose d'un quart d'heure dans cette ville sans intérêt puis reprenons notre route vers l'est. Tout d'abord, en longeant la mer d'un bleu marine magnifique. Elle a l'air agitée. La région ressemble à la savane africaine. C'est relativement aride. Les rios sont quasi secs. Puis, nous montons dans la sierra. Une belle route de montagne. Le bus peine dans les montées. Ça tourne pas mal mais la route est en bon état. Il faut savoir qu'il y a cinquante ans Baracoa était coupé du monde. Il n'y avait pas de route. Les communications ne se faisaient que par bateaux ou par avions. C'est ce qui explique la mentalité particulière de cette ville qui toujours été très autonome. Elle vivait grâce à son café et son cacao. Depuis, les choses ont un peu évolué. Il parait que c'est la première ville construite à Cuba par les espagnols. Une fois arrivés au col, nous faisons une petite pose pour reposer le moteur. Puis, c'est la descente sur Baracoa. La végétation a complètement changée. Nous sommes passés de l'aridité aux paysages tropicaux luxuriants. En face de nous, l'Atlantique qui vient déverser toute son humidité, les nuages étant bloqués par le massif montagneux. Ici, il pleut presque tous les jours. Et ça se voit. Malgré mon pull, je crois que la climatisation du bus a eu raison de moi. Je me sens fébrile. J'ai sûrement chopé un rhume. Mais pour pourquoi la mettent-ils toujours à fond ? On aperçoit enfin la très jolie baie de Baracoa. Il ne manque plus que les bateaux de pirates. A l'arrêt des bus m'attend Yunion, le fils d'Ivan, un ami de Miguel et Damaris, qui a une chambre avec une superbe vue sur la mer. Je vais être ici comme un prince. Au-dessus de ma chambre, il y a une magnifique terrasse avec des chaises basculantes pour scruter la mer. Il ne fait pas trop chaud grâce à la brise marine. Je sens que je vais être bien ici. Je me repose un peu puis vais faire un petit tour en ville. Je passe à l'agence Cubatur pour réserver deux excursions. Une pour faire le sommet du Yunque demain et une autre pour aller voir lundi le parc de Humboldt. Il parait que les deux valent le coup. Je visite le bourg qui a un certain cachet. Quelques touristes, mais ça me choque moins qu'à Trinidad. Ce ne sont sans doute pas les mêmes. Ce n'est pas si simple de venir jusqu'ici. Puis je monte sur la colline qui surplombe la ville pour prendre quelques photos panoramiques de la baie. Je sens que j'ai la fièvre qui monte. Je vais retourner à la casa pour m'allonger un peu. Je plane complètement. Je vais discuter un peu avec Ivan sur la terrasse qui m'explique un tas de trucs sur sa ville. Je découvre toute la famille. Les enfants sont très sympas. La mère ne respire pas la joie de vivre mais elle est gentille. J'espère que demain j'irai mieux.

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