vendredi 8 août 2014

Bus pour Trinidad

Normalement, un taxi devait venir me chercher ce matin pour aller à Trinidad. J'avais rencontré un type hier dans la rue qui m'avait proposé cette solution. Je trouvais l'idée sympa, surtout si c'était en belle américaine. Mais je sens le truc un peu foireux. J'ai quand même préparé mes affaires au cas où. Bien entendu, à l'heure dite, personne. Ce n'est pas grave, j'irai en bus. A priori, il n'y en a pas le matin. Je décide donc d'aller visiter le musée qui se trouve sur la grande place. Je l'avais repéré hier. Il n'y a pas grand monde. Il n'y a pas grand chose à voir non plus. Quelques sculptures et peintures révolutionnaires, des reliques du Che et de Fidel comme d'habitude. Bref, pas beaucoup intérêt. Quel dommage, le pays doit regorger de trésors plus intéressants que ça ? Une surveillante qui doit s'ennuyer à mourir, me commente toutes les œuvres très gentiment. J'ai l'impression que ça lui fait plaisir. Vers 11 heures, je retourne à la casa. Je fais mon sac, dis au revoir à ma logeuse et son mari, puis vais à pieds à la gare routière. Ce n'est pas très loin. Je trouve assez facilement le guichet mais impossible de savoir à quelle heure part le prochain bus. On nous dit d'attendre dans un coin de la salle d'attente. Il y a une bonne vingtaine de touristes comme moi. Au bout d'une heure, certains décident de prendre un taxi. Toujours aucune information. Ça devient long. Finalement, on nous prévient qu'il en y aura un vers 15 heures. J'achète mon billet puis sors de la gare pour trouver un endroit pour manger un truc. J'ai beau parcourir tout le quartier, pas de restaurant. Seules quelques petites échoppes qui servent des jus de fruit et des sandwichs. Je me rabats donc là dessus. Une petite dame me prépare une espèce de hamburger. On ne sait pas trop ce qu'il y a dedans mais c'est mangeable. Par contre, le jus de tamarin est délicieux. J'en reprends un deuxième. Puis je retourne à la gare et attends mon bus dans la salle d'attente qui part à l'heure prévue. La route est assez jolie car elle longe une chaîne montagneuse. Trinidad se trouvant à 150 kms, le trajet ne dure que deux petites heures. Ça passe vite. Arrivé au terminus de Trinidad, je suis harcelé par des rabatteurs de casas. Je leur dis que j'ai déjà une adresse pour m'en débarrasser. Une jeune fille me suis au cas où la casa que j'avais repéré dans mon guide serait occupée. En fait, elle est libre mais pas géniale. Elle est sombre et sans vue. Je vais donc voir celle que me propose mon poisson pilote. La maison se trouve juste à côté du terminus des bus. La chambre n'est pas mal. Elle vient d'être refaite à neuf et a une fenêtre qui donne sur la rue. Au-dessus de la maison, il y a une jolie terrasse avec vue sur les toits de la ville. De toute manière, je n'ai pas envie de perdre du temps à chercher. Je la prends. Une fois installé, je m'aperçois que c'est l'enfer. Il y a un bus ou un camion qui passe toutes les trente secondes sous ma fenêtre. Ce n'est pas tant le bruit mais surtout l'odeur des gaz d'échappement qui me gêne. C'est épouvantable. Demain, c'est décidé, je change. Je prends une bonne douche puis vais découvrir un peu la ville. C'est très étonnant. Le centre ville historique a été complètement rénové. C'est propre et joli mais on a l'impression d'une ville musée. Je ne m'y sens pas vraiment à l'aise. Tout a été étudié pour attirer les touristes. Des boutiques de souvenirs, des restaurants, des rues pavées, des façades de maisons ravalées. Ça ne ressemble pas au vrai Cuba. Une espèce de piège à touristes. La nuit tombe. L'éclairage des rues a été soigneusement étudié. Comme je n'ai pas mangé grand chose à midi, je m'installe dans un petit restaurant. Il est vide. On m'explique que les touristes viennent surtout déjeuner dans la journée. Le soir, il n'y a pas grand monde. Je commande une langouste. Il me serve un plat pour au moins trois personnes. Comment peut-on manger tout ça ? Je déguste la langouste et laisse le reste. La serveuse me demande si c'était bon ? Je lui explique qu'il y en a vraiment trop pour moi. De retour dans ma chambre, le vacarme s'est un peu calmé. Les bus ne passent que tous les quarts d'heures. Les boules Quies s'imposent.

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