mercredi 13 août 2014

Bus pour Santiago de Cuba

Après mon petit déjeuner, je retourne me balader en ville. J'ai le temps, mon bus pour Santiago ne part qu'à 14 heures. Au retour, je retrouve les deux jeunes filles belges qui papotent entre elles. Elles finissent leurs études de médecine et en profitent pour voyager un peu en attendant l'internat. Elles sont plutôt cools. Elles partent visiter la ville en pleine chaleur. Reyes m'accompagne à la gare routière vers midi. Il va falloir attendre plus de deux heures. On ne peut pas acheter son billet car il faut attendre de savoir combien de places vont se libérer puisque le bus arrive de Trinidad. J'attends donc, il n'y a que ça à faire. Finalement, il y a plus de places disponibles que de candidats au départ. Le voyage dure 7 heures. C'est long, très long. Plus de 500 kms de petites routes. Les paysages sont monotones comme à l'accoutumée. Habituellement, j'aime bien les trajets en bus. Ils font vraiment partis du voyage. Mais là, j'avoue que c'est uniquement pour aller d'un endroit à un autre. Pas beaucoup d'intérêt. Nous nous arrêtons à Las Tunas, puis Holguín, puis Bayamo, pour arriver enfin à Santiago vers 21 heures. Heureusement, Reyes et Carolina avaient téléphoné pour réserver une casa non loin du centre ville, tenue par Miguel et Damaris, un charmant jeune couple se qui se lance dans l'hébergement de touristes. Ils ont donc demandé à leur fils de venir me chercher à la gare. J'avoue que c'est quand même plus pratique que de galérer à chercher tout seul. Leur maison est en plein travaux. Ils aménagent deux chambres supplémentaires à l'étage. Elles ne seront prêtes que dans quinze jours. Celle qu'ils me proposent est toute petite au rez-de-chaussée et sans fenêtre. Je ne suis pas emballé mais je suis trop fatigué pour ne pas m'en contenter. Et puis, ils sont tellement sympathiques que ça reste un bon plan. Damaris me prépare un petit dîner rapide mais bien bon. J'avais faim car je n'avais pas avalé grand chose de la journée. Nous discutons un peu ensemble, puis je vais dormir.

mardi 12 août 2014

Visite de Camagüey

Après un petit déjeuner copieux, je pars visiter la ville assez tôt pour profiter de la fraîcheur du matin. Carolina m'explique tous les trucs à voir. Elle veut me prêter une carte de la ville mais elle est en tellement mauvais état que je préfère la prendre en photo. Je fais ça maintenant presque systématiquement. Je prends en photo le plan de la ville comme ça je peux le consulter sur l'écran de mon appareil photo et ça m'évite ainsi de trimbaler mon guide. Je commence ma balade par la visite d'un musée d'art. Bof, pas terrible. Les œuvres sont assez quelconques. Le jour où ils libéreront l'art ça leur fera du bien. La nana qui me fait visiter les lieux est à peine aimable. Sûrement une fonctionnaire qui fait son boulot, pas plus. Puis je me rends sur la très belle place de la cathédrale. L'endroit est agréable. Comme on peut grimper sur la flèche de la cathédrale pour un petit peso, j'y vais donc. La vue de là-haut est superbe. On a un panorama à 360 degrés sur toute la ville. J'y reste un bon moment. J'aperçois plusieurs fanfares qui se rejoignent sur la place. Ils commémorent sûrement un truc puisqu'ils déposent une gerbe de fleurs. Je redescends puis vais visiter toutes les églises de la ville. Il y a quelques touristes mais c'est moins pesant qu'à Trinidad. Les pousse-pousses à bicyclette me proposent en permanence leur service. Je leur expliquer que je préfère marcher à pieds. Certains murs en ruines sont décorés par des artistes. Pour faire leurs portraits, ils ont retiré l'enduit par endroit pour laisser apparaître la brique. C'est original. Je vais dans une grande boutique pour acheter un casque audio. J'ai oublié le mien dans le bus hier. On m'en propose quelques uns mais tous de mauvaise qualité. Tant pis, ça fera l'affaire pour la fin du voyage. Puis je me rends à l'autre bout de la ville, à la gare ferroviaire. J'ai lu qu'on pouvait se rendre à Santiago en train. Ça pourrait être marrant. Pour cela, J'emprunte la grande artère piétonnière. Il y a un monde fou qui vient rêver devant les boutiques. Tout est très cher et la plus part des articles se payent en pesos convertibles. Peu de cubains peuvent se les offrir. La gare est dans l'état où elle a été construite, il y a cent ans. Je me renseigne sur la possibilité de me rendre à Santiago mais on me fait comprendre que c'est aléatoire et très peu confortable. On me conseille vivement de voyager en bus. Bon, ben j'aurai essayé. Je retourne au centre ville. Je m'arrête sur une petite place où ils servent des mojitos. Je m'installe tranquillement à une table en regardant les gens passer. Au bout de quelques minutes, une jeune fille noire vient s’asseoir à ma table sans me demander mon autorisation et commence à engager la conversation. Une prostituée certainement, ça ne fait aucun doute. Je suis sûr qu'elle n'est pas majeure. Je lui dis qu'elle pourrait être ma fille et que ce serait bien si elle allait racoler ailleurs. Elle me dit qu'elle a 28 ans et me montre ses papiers. Je rigole. Pauvre fille. Elle finit par partir. Un peu plus loin, j'aperçois son mac qui la surveille. Il est midi et il commence à faire sacrément chaud. Sur le chemin du retour, je m'arrête dans un joli musée. C'est une vieille demeure coloniale bien restaurée. Les gens qui l'habitaient devaient être très riches. Beaucoup de jolis meubles, de la belle vaisselle, le tout venant de la vieille Europe. Comme c'est très haut de plafond, il fait relativement frais. Dans la cour, il y a des citernes en terre cuite qui récupèrent l'eau de pluie. Astucieux. A la casa viennent d'arriver deux jeunes filles belges, pas très causantes.

lundi 11 août 2014

Bus pour Camagüey

Mon bus pour Camagüey part à 8 heures de la gare routière. Cécilia, ma logeuse, me propose de prévenir par téléphone Reyes et Carolina qui ont une casa à Camagüey. Reyes viendra me chercher au terminal de bus. Sympa, ça m'évitera de chercher à mon arrivée. D'autant plus que j'ai cru comprendre que le terminal était loin du centre ville. Je remercie Cécilia pour son accueil chaleureux et me voilà donc parti. Il y a environ 160 kms à parcourir. Camagüey se trouve au centre de l'île. La route est magnifique jusqu'à Sancti Spiriritus. Elle traverse des petites montagnes. Elle n'est pas bien large. Beaucoup de pâturages et des petites fermes isolées. Après Sancti, nous récupérons l'autoroute, toujours aussi déserte. Les paysages redeviennent monotones, sans grand intérêt. A 11 heures, nous nous arrêtons sur une aire de restauration. Comme je n'ai vraiment pas faim, je vais plutôt me promener dans les environs. Je tombe sur une petite maison traditionnelle toute mignonne. Deux femmes qui étendent du linge dehors me m'invitent à venir visiter l'intérieur. Elles sont très gentilles. Elles me proposent un café mais malheureusement, je leur explique que je n'aurai pas le temps. Mon bus doit repartir bientôt. Elles me disent que la prochaine fois, il faudra que je vienne habiter chez eux. On discute un bon quart d'heure de choses et d'autres puis je retourne à mon bus. Nous arrivons à Camagüey vers midi. Comme prévu, Reyes m'attend à la sortie de la gare avec une affichette où il y a marqué mon prénom. Il est venu me chercher avec sa vieille Lada. Elle a plus de vingt ans. On se demande comment elle roule encore. Arrivés chez lui, il me présente Carolina, sa femme, un ancien professeur de physique avec beaucoup de caractère. La chambre est splendide. Elle est située à l'étage devant une magnifique terrasse. L'endroit est calme mais assez éloigné du centre. Il faudra marcher un peu. Je me repose un peu puis vais découvrir la ville en fin d'après-midi. Ici aussi il fait chaud. La ville me plait bien. Elle ressemble à une petite ville de province de chez nous. Il y a de jolis édifices de l'époque coloniale. Par une porte entrouverte, j'aperçois la cour d'un ancien couvent. Il est en piteux état. Je discute un long moment avec une femme, assise là devant un petit bureau qui doit s'ennuyer à mourir. Elle m'explique que cet endroit va être rénové bientôt pour servir d'école. La ville possède neuf églises, une pour chaque quartier. Elles sont toutes belles. La nuit tombe. Je reviendrai demain. Sur le retour, je me perds un peu mais grâce à la gentillesse des gens, je retrouve mon chemin. Les cubains sont vraiment adorables.

dimanche 10 août 2014

Les plages d'Ancon

Ce matin, je veux monter sur la petite colline qui surplombe la ville, le mirador de la Vigia. Il parait qu'il y a là-haut.une très belle. Violeta me propose de m'y accompagner. Elle doit retourner à La Havane cet après-midi vers 15 heures. Ça nous laisse largement le temps. Nous partons donc à la fraîche. Ce n'est pas très loin mais ça grimpe pas mal. Au nord de la ville, nous traversons des quartiers populaires. Les gens discutent facilement avec nous. Plus nous montons, plus la vue devient sympa. Il nous faut à peine une petite heure pour arriver au sommet où il y a une immense antenne de télévision. Le gardien du site est tout content de la visite. Ça le sort un peu de sa solitude. Il nous explique plein de trucs sur la région. L'organisation de la culture de la canne à sucre, le petit train qui servait à transporter la récolte, les miradors qu'on utilisait pour surveiller les esclaves. Et surtout, il nous apprend que tous les pavés qui recouvrent les rues de Trinidad viennent de France. Ils servaient à lester les bateaux lorsqu'ils revenaient à vide d'Europe. Comme nous n'avons pas de monnaie sur nous, on est obligé de lui laisser un gros bifton. L'équivalent d'un demi mois de salaire, une belle journée pour lui. Il nous offre quelques boissons en compensation. Puis, nous redescendons tranquillement. Comme il nous reste encore pas mal de temps avant son départ, Violeta propose d'aller faire un petit tour sur les plages d'Ancon. Il parait que ça vaut le coup. Il y a un bus qui dessert toutes les plages pour les cubains qui veulent aller se baigner. On est dimanche, le bus est bondé. La mer se trouve à une quinzaine de kilomètres du centre ville. Nous allons jusqu'au bout de la pointe. Il y a pas mal d'hôtels. Les plages de sable blanc sont magnifiques. Ça donne presque envie de se baigner. On a juste une petite heure pour marcher le long de la plage. Beaucoup de cubains se baignent en tee-shirt. Bizarre ? Sans doute à cause des risques de coup de soleil ? L'air marin rafraîchit l'atmosphère. C'est moins étouffant qu'en ville. Malheureusement, il faut reprendre le bus du retour si on ne veut pas rater le taxi de Violeta. De retour à Trinidad, je lui dis au revoir et lui souhaite un bon voyage. Je déjeune tranquillement sur ma terrasse. On a droit à un bel orage cet après-midi. J'en profite pour faire du linge.

samedi 9 août 2014

Trinidad

Ce matin, la première chose à faire est de trouver une autre casa plus calme. Je ne comprends pas qu'on autorise de louer de telles chambres. C'est presque scandaleux. Je vais donc me balader dans le centre ville en essayant de repérer les casa susceptibles de me plaire. C'est facile, chaque casa pouvant être louée aux étrangers est marquée d'un signe bleu, une sorte d'ancre marine, au-dessus de la porte d'entrée. Celles destinées aux cubains ont un symbole vert. Je ne connais pas vraiment la différence. Le prix c'est sur, peut-être aussi le confort ? Le centre ville est interdit à la circulation, c'est là qu'il faut la trouver. Comme il est encore tôt, beaucoup sont encore fermées. En haut de la ville, je tombe par hasard sur une maison extraordinaire. Des femmes de ménage sont en train de tout nettoyer à l'intérieur. Il y a des piles d'assiettes apparemment très anciennes, des verres en cristal, des couverts en argent un peu partout. Je n'arrive pas trop à savoir si c'est un antiquaire, un restaurant ou tout simplement une maison particulière. Je demande si je peux prendre quelques photos. Bien sur. Une des femmes me fait même la visite des lieux. On fait un bon en arrière de plusieurs dizaines d'années. On m'explique que toute cette vaisselle est très ancienne et qu'elle vient de plusieurs pays. Angleterre, Espagne et France. Un antiquaire saliverait devant tous ces trésors. En redescendant, je tombe sur un resto ouvert. Ils passent la serpillière. Je demande si on peut me préparer un petit déjeuner. Pas de problème. C'est copieux mais l'addition l'est aussi. Les prix sont multipliés par deux ici. En continuant ma balade, je tombe sur une rue bien paisible. Je frappe à une porte qui possède le petit signe bleu. Une dame me fait visiter sa chambre mais elle est sans fenêtre. Pas génial. En sortant, un petit vieux me conseille d'aller frapper à la maison d'à coté. Il faut du temps avant que quelqu'un daigne venir ouvrir. Une vieille dame un peu fragile me fait visiter sa chambre qui donne sur la terrasse de l'étage. Superbe vue sur les toits et surtout très calme, le tout pour un prix raisonnable. Je retourne donc chercher mes affaires. Mon ancienne logeuse n'est pas ravie de me voir partir. Elle me propose une autre chambre plus calme. Mais devant mon refus, elle râle un peu mais finit par céder. De toute manière, je ne serai pas resté une minute de plus ici. Je la paye donc et pars m'installer dans ma nouvelle casa. Après l'enfer, le paradis. Puis, je retourne faire un tour en ville, mais cette fois dans la ville base. Je retrouve une vie normale. Enfin des cubains qui ne vivent pas que du tourisme. Il y a pas mal de monde dans les rues, surtout autour de la place de la Mairie. Vers midi, je retourne déjeuner à la casa où la cuisinière m'a préparé un gueuleton. Il fait vraiment très chaud aujourd'hui. Une sieste s'impose. Je profite de ma grande terrasse. En fin d'après-midi, je retourne me promener dans la vieille ville. Encore pas mal de groupes de touristes qui déambulent avec leur guide. Je vais visiter un musée qui se trouve dans un ancien couvent. Ce n'est pas vraiment le musée, dédié une fois de plus aux héroïques révolutionnaires, qui m'intéresse, mais plutôt l'accès à la tour qui permet d'avoir un panorama extraordinaire sur la ville et toute la région. C'est tellement beau que j'y reste plus d'une heure. On ne s'en lasse pas. Au loin, le massif montagneux de l'Escambray. Puis le coucher de soleil, inoubliable. Le soir, je fais la connaissance de Violeta, une touriste parisienne qui habite la casa d'à coté. On discute un moment chacun sur notre terrasse puis, Violeta me propose d'aller faire un tour en ville. Bonne idée. Les rues se sont vidées. Je veux lui montrer la maison aux mille vaisselles découverte ce matin. En fait, il s'agissait bien d'un restaurant. Ça a l'air sympa. Il y a même un groupe de musiciens qui fait danser les touristes. Une adresse à retenir en tout cas. Nous terminons la soirée à parler de nos voyages en sirotant des mojitos dans un bar typiquement cubain. Bonne ambiance. Trinidad devient plus sympa.

vendredi 8 août 2014

Bus pour Trinidad

Normalement, un taxi devait venir me chercher ce matin pour aller à Trinidad. J'avais rencontré un type hier dans la rue qui m'avait proposé cette solution. Je trouvais l'idée sympa, surtout si c'était en belle américaine. Mais je sens le truc un peu foireux. J'ai quand même préparé mes affaires au cas où. Bien entendu, à l'heure dite, personne. Ce n'est pas grave, j'irai en bus. A priori, il n'y en a pas le matin. Je décide donc d'aller visiter le musée qui se trouve sur la grande place. Je l'avais repéré hier. Il n'y a pas grand monde. Il n'y a pas grand chose à voir non plus. Quelques sculptures et peintures révolutionnaires, des reliques du Che et de Fidel comme d'habitude. Bref, pas beaucoup intérêt. Quel dommage, le pays doit regorger de trésors plus intéressants que ça ? Une surveillante qui doit s'ennuyer à mourir, me commente toutes les œuvres très gentiment. J'ai l'impression que ça lui fait plaisir. Vers 11 heures, je retourne à la casa. Je fais mon sac, dis au revoir à ma logeuse et son mari, puis vais à pieds à la gare routière. Ce n'est pas très loin. Je trouve assez facilement le guichet mais impossible de savoir à quelle heure part le prochain bus. On nous dit d'attendre dans un coin de la salle d'attente. Il y a une bonne vingtaine de touristes comme moi. Au bout d'une heure, certains décident de prendre un taxi. Toujours aucune information. Ça devient long. Finalement, on nous prévient qu'il en y aura un vers 15 heures. J'achète mon billet puis sors de la gare pour trouver un endroit pour manger un truc. J'ai beau parcourir tout le quartier, pas de restaurant. Seules quelques petites échoppes qui servent des jus de fruit et des sandwichs. Je me rabats donc là dessus. Une petite dame me prépare une espèce de hamburger. On ne sait pas trop ce qu'il y a dedans mais c'est mangeable. Par contre, le jus de tamarin est délicieux. J'en reprends un deuxième. Puis je retourne à la gare et attends mon bus dans la salle d'attente qui part à l'heure prévue. La route est assez jolie car elle longe une chaîne montagneuse. Trinidad se trouvant à 150 kms, le trajet ne dure que deux petites heures. Ça passe vite. Arrivé au terminus de Trinidad, je suis harcelé par des rabatteurs de casas. Je leur dis que j'ai déjà une adresse pour m'en débarrasser. Une jeune fille me suis au cas où la casa que j'avais repéré dans mon guide serait occupée. En fait, elle est libre mais pas géniale. Elle est sombre et sans vue. Je vais donc voir celle que me propose mon poisson pilote. La maison se trouve juste à côté du terminus des bus. La chambre n'est pas mal. Elle vient d'être refaite à neuf et a une fenêtre qui donne sur la rue. Au-dessus de la maison, il y a une jolie terrasse avec vue sur les toits de la ville. De toute manière, je n'ai pas envie de perdre du temps à chercher. Je la prends. Une fois installé, je m'aperçois que c'est l'enfer. Il y a un bus ou un camion qui passe toutes les trente secondes sous ma fenêtre. Ce n'est pas tant le bruit mais surtout l'odeur des gaz d'échappement qui me gêne. C'est épouvantable. Demain, c'est décidé, je change. Je prends une bonne douche puis vais découvrir un peu la ville. C'est très étonnant. Le centre ville historique a été complètement rénové. C'est propre et joli mais on a l'impression d'une ville musée. Je ne m'y sens pas vraiment à l'aise. Tout a été étudié pour attirer les touristes. Des boutiques de souvenirs, des restaurants, des rues pavées, des façades de maisons ravalées. Ça ne ressemble pas au vrai Cuba. Une espèce de piège à touristes. La nuit tombe. L'éclairage des rues a été soigneusement étudié. Comme je n'ai pas mangé grand chose à midi, je m'installe dans un petit restaurant. Il est vide. On m'explique que les touristes viennent surtout déjeuner dans la journée. Le soir, il n'y a pas grand monde. Je commande une langouste. Il me serve un plat pour au moins trois personnes. Comment peut-on manger tout ça ? Je déguste la langouste et laisse le reste. La serveuse me demande si c'était bon ? Je lui explique qu'il y en a vraiment trop pour moi. De retour dans ma chambre, le vacarme s'est un peu calmé. Les bus ne passent que tous les quarts d'heures. Les boules Quies s'imposent.

jeudi 7 août 2014

Punta Gorda

Après un petit déjeuner magistral, me voilà parti à pieds pour la pointe sud de la ville, le quartier de la Punta Corda. J'emprunte donc la grande artère centrale, le Prado. C'est une grande avenue avec une promenade au milieu, entourée de vieilles bâtisses d'un autre âge. Elles n'ont pas certes le charme de La Havane mais on sent qu'il y a eu des gens argentés autrefois. Comme il est tôt, il fait encore frais. Mais je sens que ça ne va pas durer. Le Prado longe un peu la mer. Il y a là plein de stands où s'agglutinent des gens. Une sorte de foire commerciale. Je n'arrive pas trop à savoir ce qu'ils vendent. Je continue ma promenade jusqu'au bout de la jetée. Je tombe sur une espèce de palais un peu rococo. Il parait que c'était un casino, construit à l'époque de la mafia américaine. Il y a trois tourelles d'un style assez particulier. Je rentre à l'intérieur et demande si je peux prendre quelques photos. On me répond que pour la modique somme de deux pesos, je peux prendre toutes les photos que je veux, aller partout et surtout boire un mojito gracieusement offert sur la terrasse du dernier étage. Banco. On imagine bien le lieu de débauches de l'époque. Ils l'ont transformé en restaurant et bar. C'est plutôt marrant. La vue de là-haut est assez jolie. On voit toute la baie. Puis je continue jusqu'au bout de la pointe où il y a un petit parc où les gens viennent se baigner. Ambiance familiale. L'eau est presque transparente. On voit un paquet de petits poissons. Malgré la chaleur qui cogne pas mal, je décide de rentrer à pieds. J'ai droit aux nombreuses sollicitations des taxis en vélo. Difficile de leur faire comprendre qu'un touriste ça peut avoir envie de marcher. Me voilà de retour à la casa où on m'a préparé un bon gros poisson pané. Il y en a au moins pour quatre. D'une manière générale, on mange beaucoup mieux dans les casas qu'au restaurant. On ne peut pas dire qu'à Cuba la cuisine est très fine mais ça remplit bien le bide. Il fait extrêmement lourd. La chaleur est vraiment intenable. Je vais faire une sieste. De toute façon, il n'y a rien d'autre à faire. Vers 17 heures, un gros orage nous tombe sur la tronche. L'air se rafraîchit. Enfin, un peu. J'attends la fin de la pluie pour retourner au grand théâtre de la ville. Faut que je fasse vite car il ferme à 18 heures. A l'intérieur, on a l'impression de faire un bond dans le passé. Ambiance 1900 assurée. En tout cas, il est très bien entretenu. Ils proposent encore des spectacles plusieurs fois par semaine. J'y serais bien allé une fois pour voir mais à partir de 21 heures, je tombe de sommeil.

mercredi 6 août 2014

Bus pour Cienfuegos

Je me lève tôt car mon bus pour Cienfuegos part à 7 heures. Juana a eu le temps de me préparer un petit déjeuner. Je ferme mon sac, lui fais la grosse bise puis me rends à pied au centre où m'attend le bus. Nous allons mettre 7 heures pour parcourir 450 kms. L'avantage de ce bus, c'est qu'il ne s'arrête pas à La Havane. On gagne un peu de temps. Il est rempli de touriste de toutes les nationalités mais surtout européennes. Je suis assis à côté d'un taïwanais. Comme tous les asiatiques, il ne perd pas de temps. Il fait le Pérou et Cuba en quinze petit jours. Tout est programmé à l'avance. Mais il est sympa quand même. Nous passons par Pinar d'El Rio, la grande ville du coin. Ça ne m'a pas l'air folichon. Puis nous empruntons l'autoroute, toujours aussi désespérément vide. Les paysages sont dans l'ensemble assez monotones. C'est plat. Toujours ces immenses étendues de champs de cannes à sucre. Les villages ressemblent plus ou moins à des agglomérats de maisons agricoles, toutes les mêmes, sans grand charme. Nous faisons une halte vers midi dans un petit resto routier. Je mange un sandwich et une bière avec mon pote taïwanais. On arrive à Cienfuegos vers 14 heures. Il fait très chaud. J'ai repéré dans mon guide une casa près du centre. Je sonne et demande s'il y a une chambre de libre. Malheureusement tout est occupé. C'est dommage, c'était mignon à l'intérieur. Une vieille maison coloniale bien décorée. La propriétaire, une vieille dame, appelle au téléphone une de ces amies qui pourrait me dépanner. Elle va venir me chercher. Elle habite à côté. La chambre qu'elle me propose est au rez-de-chaussée, avec un petit patio intérieur. C'est pas mal. J'avais peur du bruit mais finalement c'est plutôt calme. Il fait tellement chaud que je me repose un peu et en profite pour laver un peu de linge. Vers 3 heures, l'orage gronde et la pluie tombe. Ça rafraîchit un peu l'atmosphère. En fin d'après-midi, je vais me promener en ville. Les rues sont désertes. Je vais voir la grande place de la cathédrale. Quelques jeunes jouent aux dominos sous les arcades. Il y a un vieux théâtre qui vient d'être rénové. Je demande si je peux le visiter mais on me répond s'ils sont en train de fermer. Il faudra revenir demain. Je continue donc ma promenade dans la vieille ville. C'est déjà plus vivant. Les enfants jouent au foot dans la rue et les adultes discutent sur le pas de leur porte. Toutes les fenêtres et les portes sont ouvertes pour ventiler. C'est un quartier très populaire. Il y a un melting-pot incroyable. Un tiers de noirs, un tiers de blancs et le dernier tiers de métisses. Tout ce petit monde a l'air de vivre en parfaite harmonie. Les gens me saluent et me sourient régulièrement. Par contre, ils n'engagent pas facilement la conversation. Sans doute pensent-ils que je ne parle pas espagnol ? Je vais jusqu'au quai. Endroit paisible et agréable. La mer est calme. Puis je retourne sur la grande place centrale. Je m'arrête boire un mojito dans un petit bistrot sous les arcades. Je discute un peu avec les serveuses et un couple de touristes cubains. C'est tranquille ici.

mardi 5 août 2014

Les Cuevas

Je me rends comme prévu à 9 heures à la petite agence du centre. Il y a déjà un monde fou qui attend devant le bureau. Je suis inquiet. Mais le type de l'agence me dit que la plus part d'entre eux partent pour d'autres excursions. Me voilà rassuré. En fait, je suis seul. Il m'a loué un taxi pour moi tout seul. Une vieille bagnole américaine. Génial. Le type du taxi est sympa comme tout. Il passe son temps à saluer les gens. Il a l'air de connaitre tout le monde. Il m'emmène d'abord à une vingtaine de kms au nord, visiter la cueva d'El Indio. Une belle grotte aménagée pour les touristes. Devant, il y a un joli parc bien entretenu. On déambule à l'intérieur de la grotte par des chemins bétonnés bien balisés. C'est propre et joli. L'éclairage permet de mettre en valeur les stalagmites et les voûtes de la grotte. On ressort par un lac souterrain en barque. Voilà, c'était mignon. Un peu court à mon goût. Mon taxi m'attend à la sortie. Sur la route du retour, nous faisons une halte à une autre grotte sans grand intérêt d'après mon chauffeur. Je prends donc quelques photos histoire de, puis nous repartons au sud de Viñales. Des flics sur la route nous font signe de nous arrêter mais quand il reconnaisse mon chauffeur, ils nous disent de continuer. Mon chauffeur me sort alors une phrase marrante. "A Cuba, le gouvernement a formé plein de médecins pour sauver la vie des gens et plein de flics pour leur la pourrir". Il me conduit à une immense fresque préhistorique peinte sur le flan d'une colline. En fait, c'est du bidon. Il n'y a jamais eu d'animaux préhistoriques à Cuba. Fidel l'a fait peindre par un de ses potes mexicain pour créer un lieu touristique. Le summum du mauvais goût. Il fallait le voir. Mon chauffeur me conseille de prendre une photo de loin car si on va sur le site, il faudra payer. Et franchement, ça ne vaut pas le coup. Après, il m'emmène non loin de là sur le sommet d'une colline pour admirer le point de vue. C'est vrai que ça vaut le coup d'œil. On a un panorama superbe sur toute la vallée. Il y a un très bel hôtel avec une piscine panoramique. Voilà, on a fini notre tour. Je reste un peu sur ma faim. J'ai lu dans mon guide qu'il y avait une très grande grotte, la deuxième d'Amérique du sud paraît-il, située à une vingtaine de kms de là. La cueva de Santo Tomas. Mon chauffeur me propose de m'y conduire pour quelques pesos de plus. Banco. La route qui descend vers le sud est très jolie. Rien que pour elle, ça valait le coup. Nous arrivons à un petit village. Mon chauffeur me dépose devant le bureau des guides. Il faut sue j'attende un peu car, pour le moment, je suis tout seul. Ils attendent d'autres touristes pour faire un groupe. Pas de problème, je vais me balader dans le village en attendant. Par curiosité, je rentre dans une grande boutique. Les étalages sont désespérément vides. Au bout d'une heure, toujours pas de touriste en vue. Un guide me propose de m'y emmener seul. Super. Il faut marcher un peu pour s'y rendre. Puis, le guide m'équipe d'un casque avec une loupiote dessus et nous voilà descendant dans les entrailles de la terre. On n'y voit pas grand chose, les lampes ne sont pas très efficaces. La grotte fait plusieurs dizaines de kilomètres de long mais la partie qui se visite seulement 500 mètres. Il y a une humidité incroyable. Je dégouline de partout. La grotte n'est pas du tout équipée pour les touristes, à part des petits escaliers en bois de temps en temps. Le chemin est particulièrement glissant. Je manque à plusieurs reprises de me foutre en l'air. La visite a duré un peu plus d'une heure. Le déplacement en valait la chandelle. A notre retour, un groupe de touristes attend mon guide. Je le remercie, puis nous repartons avec mon chauffeur à Viñales. Durant le trajet, nous discutons de la vie à Cuba. De retour en ville, je lui donne son du puis le salue. Ce midi, Juana m'a préparé du poisson, un régal.

lundi 4 août 2014

Le Parque de Viñales

Comme prévu, le type qu'avait appelé Juana hier débarque à 8 heures. Je ne sens pas du tout le bonhomme. Il me propose une simple balade à pieds pour une somme astronomique. Il n'est pas très clair dans ses explications et puis il me dit que de toute manière, c'est à prendre ou à laisser. Ça, c'est le genre de truc qu'il ne faut pas trop me dire. Je lui réponds donc que je préfère me passer de ses services. Il a l'air surpris de ma décision. Je pense qu'il ne s'y attendait pas. Il s'en va donc penaud. Juana est toute gênée. Je lui dis que ce n'est pas grave. Je vais aller voir une agence en ville pour trouver un guide, mais pas question de me balader avec un type comme ça. Elle comprend et me donne raison. Elle propose que son fils, Manuel, m'accompagne. Il ne fait rien aujourd'hui. J'en serai ravi, mais je ne veux pas qu'il ait des problèmes avec les autorités à cause de moi. Normalement, on doit forcement passer par des guides du parc. Elle me certifie qu'il n'y aura pas de problème. Alors, dans ce cas, pourquoi pas. Je préfère refiler un peu de pognon à son fils qu'à ces mafieux. Nous voilà donc partis sur les petits chemins avec Manuel. C'est un grand gaillard d'une vingtaine d'années sympa mais un peu simplet. Je ne comprends pas grand chose à ce qu'il me raconte. Il a un terrible accent, sûrement du coin, difficilement compréhensible. Mais au bout d'un moment, j'arrive à saisir quelques bouts de phrases. A la sortie du village, nous croisons un groupe de cavaliers qui attend les touristes pour les balader. Nous passons par une petite ferme où un type avec un chapeau de cow-boys vend des jus de fruits et des cigares. Ils ont droit de vendre 10% de leur production aux touristes. Bien que n'aimant pas ça, je lui achète un paquet de six gros cigares. J'arriverai toujours à les refourguer à quelqu'un qui les apprécie. En plus, ils ne coûtent vraiment pas chers. Puis nous continuons notre marche. Au bord d'un petit ruisseau, Manuel attrape à la volée un gros poisson chat. Impressionnant l'agilité de ce garçon. Je le prends en photo, puis nous le relâchons. Nous arrivons au pied d'une petite montagne. Nous grimpons un peu et pénétrons dans une grotte qui permet de traverser la colline sans monter jusqu'en haut. On n'y voit pas grand chose à l'intérieur. Ni Manuel, ni moi n'avons de torche. On marche à l'aveuglette. Je préfère ne pas savoir quel genre de bestioles vit ici. Nous traversons la grotte et arrivons de l'autre coté. Devant nous un magnifique panorama donnant sur une grande plaine. Au fond, une autre chaîne de montagnes. C'est là-bas que nous allons. Il commence à faire chaud et humide. J'ai bien peur que ma petite bouteille d'eau ne suffise pas. Il y a pas mal de hangars avec de jolis toits de chaume. Ce sont des séchoirs à tabac. Ils sont vides en ce moment. Les paysages sont vraiment jolis. C'est une balade très agréable. Parfois, il faut faire de grands détours car le chemin est inondé. Il a beaucoup plu hier. Au bout d'une petite heure, nous arrivons aux pieds du massif montagneux. Il y a là une grande grotte qui se visite moyennant quelques pesos. Manuel me laisse en compagnie d'un paysan du coin. A l'intérieur, je suis tout seul avec lui. Il a deux petites lampes fluos bien faiblardes mais qui permettent de voir les stalagmites et les voûtes de la grotte. C'est pas génial, mais c'est mieux que rien. Les photos ne rendent pas grand chose. On déambule par un petit chemin très glissant jusqu'à un petit lac souterrain. Au retour, nous tombons sur un groupe de touristes français. De vrais bidochons. Certains râlent, d'autres font de l'humour à deux balles. Aucun d'eux ne parle espagnol. Ils sont en train de s'engueuler avec leurs guides. Ils ont l'impression de se faire arnaquer, ce qui est sûrement vrai. Mais quand on tombe sur un troupeau de cons pareil, ce serait un crime de ne pas en profiter. Je leur sers un instant d'interprète puis je les laisse se demmerder. Je n'ai aucune envie de rester une minute de plus avec ces crétins. Manuel et moi reprenons donc le chemin du retour. Au loin, les nuages sont menaçants. Manuel, me montre la pluie qui arrive rapidement devant nous. Nous nous abritons dans un séchoir le temps qu'elle cesse. Manuel en profite pour me faire écouter de la musique de jeun's à la mode en ce moment à Cuba. Ils appellent ça du reggaeton, un mélange de techno et de musique latino. C'est pas mal mais à petite dose. Le chemin est devenu trempé. Il y a de la boue partout. Mes chaussures sont dans un triste état. Rentré à la casa, c'est séance de nettoyage. Juana m'a préparé de quoi déjeuner. Du poulet pas trop mal cuisiné. Dans l'après-midi, je vais faire un tour dans le village et m'arrête dans une agence de tourisme. Je réserve mon billet de bus pour Cienfuegos et leur demande ce que je pourrais visiter demain. Le type de l'agence, très sympa, me conseille une excursion pour voir les coins sympas de la région. Banco, rendez-vous demain à 9 heures.